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Déclaration d’ATTAC/CADTM Argentine
Les bons BODEN 2012. On a payé une escroquerie.
par ATTAC/CADTM Argentina
6 août 2012

La présidente Cristina Fernández Kirchner a annoncé le paiement au comptant du bon BODEN 2012 pour un montant de 2,2 milliards de dollars. La mesure est présentée comme la fin du corralito [1] et un pas en avant dans la politique de « désendettement ».

Au delà de la question de mettre fin ou pas au corralito (en réalité, il reste à payer une quote part du bon BODEN 2013), celle qui se pose vraiment est le paiement d’une dette illégitime.

En 2002, la fin de l’arrimage du peso au dollar a entraîné une perte de la valeur de l’épargne nationale et la compensation offerte aux banques l’a été par l’augmentation de l’endettement public. 27 milliards de dollars ont ainsi été émis en bons BODEN dont seulement 33% ont servi à payer les épargnants lésés contre 67% qui sont allés aux banques au titre de compensation. Celles-ci ont ainsi reçu des compensations et les groupes économiques ont eux profité de la fin de la parité peso-dollar qui a diminué leurs dettes. Par contre, des milliers d’Argentins ont perdu leur épargne et ce sont des millions qui se sont vus affectés par une baisse de leur salaire réel ou la perte de leur travail comme conséquence de la crise et de la dévaluation.

En définitive, les bons BODEN sont une dette contractée par l’Etat afin de rendre service - au milieu d’une crise brutale comme celle de 2001 - aux banques, groupes économiques et multinationales. Or, nous avons été la majorité à payer cette dette pour le bénéfice de quelques uns. Ce paiement qui clôture le corralito est une escroquerie.

Le paiement en dollars au comptant annoncé par la présidente va à nouveau bénéficier au secteur financier. La présidente elle-même a souligné dans son discours que 77% de ceux qui percevraient l’argent du BODEN 2012 étaient étrangers et on estime que plus de 85% des bons BODEN 2012 sont détenus par des banques privées et des fonds d’investissement. Et cela, il faut le rappeler, dans un contexte de crise de change par manque de dollars.

Le paiement d’une dette illégitime est synonyme de dépendance, pas de souveraineté. ATTAC/CADTM Argentine rejette le paiement de cette dette illégitime, contractée au bénéfice des banques, groupes économiques et multinationales. Nous sommes pour la suspension de tous les paiements de la dette externe jusque la réalisation d’un audit intégral de la dette externe qui permet de déterminer quelles parties de celle-ci sont légitimes ou non. Les dettes légitimes se remboursent, les escroqueries non !


Notes :

[1Le « corralito » a été appliqué à la fin 2001. Les comptes en banque ont été bloqués ce qui entre autres a déclenché le soulèvement des 19 et 20 décembre 2001. Aujourd’hui une majorité a récupéré son épargne mais dévaluée par la fin en 2002 de la parité peso-dollar qui avait été établie au début des années 1990 sous la présidence de Menem.

ATTAC/CADTM Argentina