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Communiqué de presse
Le CADTM dénonce l’enrichissement exponentiel de quelques-uns alors que les droits fondamentaux de milliards de personnes ne sont pas garantis
10 mars 2007

Le magazine Forbes vient de publier son classement annuel des individus les plus riches du monde et le CADTM ne peut rester silencieux face au scandale absolu que les chiffres publiés dissimulent.

Selon Forbes, le monde compte 946 milliardaires (en dollars), alors qu’ils n’étaient que 793 l’an dernier, prouvant ainsi que les très riches sont de plus en plus riches. La fortune cumulée de ces 946 milliardaires s’élève à 3 500 milliards de dollars.

En comparaison, la dette extérieure publique de tous les pays en développement est bien modeste : 1 500 milliards de dollars. Pourtant, cette dette largement odieuse, dont les populations n’ont pas profité, représente un fardeau colossal pour les économies de ces pays. Chaque année, leurs pouvoirs publics remboursent plus de 200 milliards de dollars au titre du service de la dette. De ce fait, les fonds manquent cruellement pour permettre la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

Pour le CADTM, le modèle économique actuel est incapable de prendre en compte l’intérêt du plus grand nombre et d’apporter une solution à la misère et à la corruption qui gangrènent de larges pans de la planète. Le FMI, la Banque mondiale, les dirigeants des pays les plus industrialisés, les grandes entreprises multinationales sont les défenseurs de ce système structurellement inique, qui vise à accroître sans fin les profits réalisés par quelques-uns, et ce avec la complicité active des élites des pays du Sud.

Le CADTM appelle à un changement de grande ampleur afin que l’intérêt général cesse de reculer devant les coups de boutoir des intérêts particuliers d’une poignée d’individus très riches. Pour cela, le CADTM réclame l’application de quatre mesures destinées à ouvrir une voie radicalement différente :

- l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure publique de tous les pays en développement et un audit dans chaque pays pointant les différentes responsabilités dans la situation actuelle ;

- l’abandon des politiques d’ajustement structurel (libéralisation, privatisations, réduction des budgets sociaux) que les grandes puissances parviennent à imposer grâce au mécanisme de la dette ;

- la suppression des paradis fiscaux et l’expropriation des sommes qui y sont dissimulées ;

- enfin, un impôt exceptionnel de 50% sur la fortune des 946 milliardaires répertoriés par Forbes pour lutter efficacement contre la pauvreté.