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Communiqué de presse
Le CADTM s’indigne des obstacles supplémentaires mis par le FMI à la dette de 6 pays très pauvres
par CADTM
17 décembre 2005

L’été dernier, le sommet des huit pays les plus industrialisés (G8) a décidé que les 18 pays pauvres très endettés ayant franchi les nombreuses étapes imposées allaient bénéficier d’une annulation totale de leur dette
envers le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.

En septembre, malgré de fortes réticences de la part de petits pays riches comme la Belgique ou la Suisse, l’assemblée générale du FMI a entériné cet accord pris, de façon surprenante si l’on songe aux déclarations sur la
bonne gouvernance, par le G8 en son nom.

Mais en toute discrétion, la direction du FMI cherche actuellement à revenir sur son engagement et à en diminuer la portée. Pour cela, elle va proposer au Conseil des gouverneurs, mercredi prochain, de rajouter des
conditionnalités supplémentaires pour les pays qui ne seront plus sous programme du FMI au début 2006.

Or 6 pays parmi les 18 sont dans ce cas : l’Ethiopie, Madagascar, la Mauritanie, le Rwanda, le Sénégal et le Nicaragua.

Alors que l’accord initial du G8 était présenté comme ferme et définitif, le FMI veut soumettre ces pays à de nouvelles conditions monétaires et fiscales, qui viennent s’ajouter à plusieurs décennies de réformes draconiennes ayant fortement détérioré les conditions de vie des populations.

Les pays du G8 possèdent 49,73% des droits de vote au Conseil d’administration du FMI et aucun accord ne peut se faire contre leur avis. Si le FMI parvient à ses fins, les pays du G8 auront renié leurs propres
engagements.

Le CADTM juge intolérable la démarche du FMI qui fait tout son possible pour retarder la mise en place de cette décision pourtant bien modeste eu égard au nombre de pays concernés. Outil au service des grandes puissances, le FMI agit dans l’ombre afin de leur permettre de conserver les puissants moyens de pression que leur confère la dette, tout en se glorifiant d’annonces mirobolantes qui se révèlent très vite dénuées de fondement réel.

Le CADTM exige l’annulation totale et inconditionnelle de la dette de tous les pays en développement, seule mesure capable de les libérer des diktats des créanciers.


CADTM