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Communiqué sur la situation de la Gambie
le 27 janvier 2017
par CADTM Sénégal
1er février 2017

Le CADTM Sénégal, Coalition pour l’abolition des dettes illégitimes regroupant des militants, des activistes et groupements de la société sénégalaise dénonce les politiques nationales et internationales actuelles de dette et de mise en état de guerre dont les seules victimes in fine sont les peuples, et plus particulièrement, à l’heure actuelle, le peuple gambien.

Le CADTM Sénégal exige du nouveau gouvernement gambien, et de la CEDEAO, d’écarter toute exposition du peuple gambien à une situation d’endettement et de guerre. Aucune solution militaire n’aurait dû et ne doit être envisagée. Aucun endettement illégitime ne doit être remboursé par les peuples.

C’est le cas de la Gambie. Yaya Jammeh avait non seulement mis le pays dans la situation actuelle d’endettement record – 97 % du PIB – mais avait aussi confisqué des libertés d’association et d’information, et procédé à des graves violations de droits humains. Le pays est dans une quasi banqueroute économique, et les populations dans une détresse sociale intolérable.

Concernant la dette, le CADTM Sénégal réclame la mise en place d’un Comité international d’Audit Citoyen de la Dette en Gambie. En effet la dette publique en Gambie – approchant les 100% du PIB – a été contractée par un régime dictatorial qui s’en est servie pour réprimer le peuple. Par ailleurs le FMI a prêté et soutenu le régime dictatorial de Yaya Jammeh. Cette dette est par conséquent odieuse, et peut être annulée comme la jurisprudence internationale le permet et l’a déjà mise en application (c’est ainsi que les États-Unis ont annulé la dette de l’Irak).

Le CADTM Sénégal appelle les activistes et groupements de la société gambienne à exiger des futurs gouvernants en Gambie l’audit et l’annulation de la dette et fournira tout le soutien et toute l’aide nécessaire pour y arriver. La mobilisation citoyenne est la meilleure façon de conjurer les politiques néolibérales néfastes pour l’intérêt général que le gouvernement du nouveau président Adama Barrow mettra probablement en application sous l’approbation de son mentor Macky Sall. Il serait inacceptable que le nouveau gouvernement de Barrow alloue 43% des recettes budgétaires en 2017 au remboursement des intérêts, souvent privés, de la dette avant de subvenir à la détresse de la population dont presque la moitié survit sous le seuil de la pauvreté.

C’est avec l’implication des populations des deux pays, des sociétés civiles coalisées dans un processus d’union des peuples du Sénégal et de la Gambie que le bien commun sera sauvegardé de la privatisation néolibérale en cours et que la priorité sociale passera avant les intérêts privés. Le CADTM Sénégal appelle par conséquent à consolider les liens culturels séculaires et de solidarité qui en font le même peuple sénégambien.

Il faut dès à présent réfléchir à l’après Jammeh. C’est pourquoi la nouvelle assemblée Nationale devrait être une constituante pour non seulement reprendre complètement la constitution, mais aussi prendre en charge la question de la dette odieuse que le dictateur a contractée sans avoir l’aval de son peuple, et qui plus est, à utiliser l’argent non seulement à son propre compte – trois avions pour lui seul, des centaines de véhicules, etc. mais aussi pour réprimer son peuple.

Solidarité avec le peuple gambien ! Non aux dettes odieuses ni aux solutions militaristes.

CADTM Sénégal


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