Utopie pour briser la spirale infernale de la dette

8 juin 2005 par Eric Toussaint


Les années 2001-2005 ont été dominées sur le plan économique par les politiques décidées à Washington et à Pékin. Les autorités de Washington ont combattu la crise aux Etats-Unis en 2000-2001 par la mise en œuvre d’une politique de relance : baisse radicale des taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5 millions de dollars, donc en tout 15 millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
(ceux-ci sont devenus négatifs en termes réels, ce qui a permis aux ménages aux Etats-Unis de continuer à s’endetter pour maintenir leur consommation, et aux entreprises de se désendetter), réforme fiscale favorisant la consommation et l’accumulation des riches, augmentation brutale du déficit de l’Etat pour relancer l’économie, invasion de l’Afghanistan et de l’Iraq pour dynamiser le complexe militaro-industriel.

L’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce OMC
Organisation mondiale du commerce
Créée le 1er janvier 1995 en remplacement du GATT. Son rôle est d’assurer qu’aucun de ses membres ne se livre à un quelconque protectionnisme, afin d’accélérer la libéralisation mondiale des échanges commerciaux et favoriser les stratégies des multinationales. Elle est dotée d’un tribunal international (l’Organe de règlement des différends) jugeant les éventuelles violations de son texte fondateur de Marrakech.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays – une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ».

Site : www.wto.org
(OMC) en 2001 et son ouverture aux investissements étrangers ont renforcé son rôle de grand atelier capitaliste du monde exploitant une main d’œuvre abondante sous payée, disciplinée et éduquée. La Chine ne s’est pas engagée sur le terrain de la concurrence internationale en ouvrant toutes ses barrières : sa monnaie est inconvertible et rivée à un dollar dont la valeur baisse (ce qui augmente la compétitivité de la Chine sur les marchés étrangers), elle maintient le contrôle sur les entrées et sorties de capitaux, elle continue de protéger son marché intérieur, les investisseurs étrangers ne peuvent pas prendre le contrôle de n’importe quel secteur (le secteur bancaire chinois reste chinois et public).

La décision des autorités de Washington de faire baisser les taux d’intérêt répondait à des problèmes de politique intérieure. Cette décision a un effet collatéral sur le plan international : elle a allégé le poids du remboursement de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
des pays en développement (PED) qui ont accès aux marchés financiers Marchés financiers
Marché financier
Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
(il s’agit grosso modo de 25 PED dont la Chine, la Russie, le Brésil, le Mexique, le Venezuela, les pays du Sud Est asiatique, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud...).

Alors que les primes de risque (le spread) payées par les PED pour avoir accès aux capitaux privés sous la forme d’emprunts étaient exceptionnellement élevés de 1998 à 2000, elles ont commencé à baisser à partir de 2001. En 2004-2005, elles ont atteint un taux historiquement bas.

Différents facteurs que je n’analyserai pas ici ont entraîné une forte augmentation du prix du pétrole en 2003-2004. La croissance soutenue de la Chine a eu l’effet d’un puissant appel d’air dans un marché mondial suffoquant : le prix de la plupart des matières premières (minerais de fer, cuivre, nickel, combustible...) et des produits semi-finis (acier) a grimpé fortement en 2003, 2004 et 2005. La Chine a conquis d’importantes parts de marché au niveau mondial (celles-ci sont passées de 2,5% à 5,4% entre 2000 et 2004). Les réserves de change des PED ont fortement augmenté (cela concerne 101 PED).

La combinaison des bas taux d’intérêt, des primes de risque à la baisse et des prix des matières premières à la hausse, a produit une très forte augmentation des réserves de change des PED.

Celles-ci s’élevaient fin 2004 à 1.600 milliards de dollars [1]. Une somme jamais atteinte auparavant. Une somme supérieure au total de la dette extérieure publique de l’ensemble de PED !

L’augmentation de la solvabilité des principaux PED leur a permis de s’endetter (plus de 200 mds $ de dettes nouvelles de 2002 à 2004) en émettant des titres de la dette Titres de la dette Les titres de la dette publique sont des emprunts qu’un État effectue pour financer son déficit (la différence entre ses recettes et ses dépenses). Il émet alors différents titres (bons d’état, certificats de trésorerie, bons du trésor, obligations linéaires, notes etc.) sur les marchés financiers – principalement actuellement – qui lui verseront de l’argent en échange d’un remboursement avec intérêts après une période déterminée (pouvant aller de 3 mois à 30 ans).
Il existe un marché primaire et secondaire de la dette publique.
publique et privée sur les marchés financiers du Nord.

Bien que certains PED se désendettent partiellement à l’extérieur (Russie, Venezuela, par exemple), d’autres continuent à s’endetter fortement (Brésil, Mexique... auxquels s’ajoute l’Argentine après la conclusion des négociations avec ses créanciers). Tous ou presque augmentent leur dette publique interne.

La conjoncture actuelle offre une occasion exceptionnelle aux gouvernements des PED pour modifier substantiellement ou même radicalement leur situation. Il est possible de réaliser le désendettement.

La Chine avec 600 milliards de dollars de change pourrait à elle seule, si son gouvernement autocratique le souhaitait, modifier la situation internationale en faveur des peuples des PED. Que dire d’un front uni Chine-Russie face aux gouvernements des principaux pays industrialisés ? Ces deux pays pourraient modifier la donne sur le plan mondial s’ils avaient un projet commun alternatif. Plus largement, les gouvernements d’un nombre important de PED répartis sur quatre continents (Asie, Amérique latine, Afrique et Europe orientale - si on inclut la Russie comme le font le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et la BM Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
) détiennent provisoirement la clé du changement. Ils sont créanciers nets de la principale puissance mondiale et des banques privées du Nord pris globalement. Ils pourraient en principe se passer totalement du FMI en remboursant ce qui lui est encore dû. Ils pourraient créer un fonds de soutien aux autres PED moins bien dotés qu’eux en devises (à commencer par les 50 PMA Pays moins avancés
PMA
Notion définie par l’ONU en fonction des critères suivants : faible revenu par habitant, faiblesse des ressources humaines et économie peu diversifiée. En 2020, la liste comprenait 47 pays, les derniers pays admis étant le Timor oriental et le Soudan du Sud. Elle n’en comptait que 26 il y a 40 ans.
) pour leur permettre de se désendetter très rapidement (le montant à réunir pour désendetter les PMA est faible).

Jamais auparavant, la situation n’a été aussi favorable aux pays périphériques d’un point de vue financier. Et pourtant, personne ne parle d’un changement des règles du jeu. C’est que les gouvernements de Chine, de Russie et des principaux PED (Inde, Brésil, Nigeria, Indonésie, Mexique, Afrique du Sud...) n’expriment aucune intention de changer dans la pratique la situation mondiale au bénéfice des peuples.

Et pourtant, sur le plan politique, s’ils le voulaient, les gouvernements des principaux PED, 50 ans après Bandoeng, pourraient constituer un puissant mouvement capable d’imposer des réformes démocratiques fondamentales de tout le système multilatéral. Ils pourraient adopter une politique modérée - rembourser de manière anticipée les dettes avec une importante décote - ou une politique radicale - répudier la dette et appliquer un ensemble de politiques rompant avec le néolibéralisme. Le contexte international leur est favorable car la principale puissance mondiale est embourbée dans la guerre en Iraq, dans l’occupation de l’Afghanistan ; elle est confrontée à de très fortes résistances en Amérique latine débouchant sur des échecs cuisants (Venezuela, Cuba, Equateur...) ou sur une impasse (Colombie).

Je suis persuadé que cela ne se matérialisera pas : ni le scénario modéré, ni le scénario radical ne seront mis en œuvre à court terme. L’écrasante majorité des dirigeants actuels des PED sont totalement englués dans le modèle néo-libéral. Dans la plupart des cas, ils sont tout à fait attachés aux intérêts des classes dominantes locales qui n’ont aucune perspective d’éloignement réel (sans parler de rupture) par rapport aux politiques suivies par les grandes puissances industrielles. Les capitalistes du Sud se cantonnent dans un comportement de rentier et quand ce n’est pas le cas, ils cherchent tout au plus à gagner des parts de marché. C’est le cas des capitalistes brésiliens, sud-coréens, chinois, russes, sud-africains, indiens... qui demandent à leurs gouvernements d’obtenir des pays les plus industrialisés telle ou telle concession dans le cadre des négociations commerciales bilatérales ou multilatérales. De plus, les concurrences et les conflits entre gouvernements des PED, entre capitalistes du Sud, sont réelles et peuvent s’exacerber. L’agressivité commerciale des capitalistes de Chine, de Russie, du Brésil à l’égard de leurs concurrents du Sud provoque des divisions tenaces.

Seule l’irruption des peuples sur la scène historique pourrait changer le cours des choses mais on ne voit pas encore de signes solides allant dans ce sens.

Dans les PED, des luttes radicales se sont succédées ces dernières années : Equateur 2000, Bolivie 2000, Argentine 2001-2002, Venezuela 2002-2003, Bolivie 2003, Chine 2004, Corée du Sud 2003-2004, Bolivie 2005, Equateur 2005, Nigeria 2004-2005, Niger 2005... Sans parler des luttes de libération ou de résistance à l’occupation, de la Palestine à l’Iraq en passant par l’Afghanistan. Ces peuples en lutte font preuve d’un courage extraordinaire. Certaines de leurs luttes ont abouti à des succès partiels (Equateur, Bolivie, Argentine, Venezuela, Niger...) mais elles n’ont pas dépassé le cadre local ou national.

Le mouvement altermondialiste, le Forum social mondial, les Forums sociaux continentaux, les grandes campagnes pour l’annulation de la dette, contre l’OMC, contre la guerre, bien qu’ils continuent à accumuler des forces, ne sont malheureusement pas (encore ?) en mesure de faire converger les luttes et mettre en avant une stratégie offensive capable d’en finir avec le néo-libéralisme.

Par ailleurs la conjoncture temporairement favorable aux PED risque en effet de se transformer en 2006-2007. Deux facteurs fondamentaux peuvent intervenir dans un sens globalement défavorable : primo, la poursuite de l’augmentation des taux d’intérêt entamée aux Etats-Unis à partir de juin 2004 ; secundo, un ralentissement de la demande aux Etats-Unis se répercutant sur la Chine et de là, sur le reste de l’économie mondiale (en l’absence d’une relance de la demande européenne ou japonaise) aboutissant à une baisse du prix des matières premières.

Une hausse des taux d’intérêt combinée à une chute des prix des matières premières : c’est ce qui s’est passé entre 1979 et 1982 et a provoqué la crise de la dette de 1982. Si la hausse des taux d’intérêt devient brutale, si les prix des matières premières repartent à la baisse et si une série de PED fortement endettés comme le Brésil, la Turquie, le Mexique, l’Argentine (à nouveau), le Nigeria éprouvent des difficultés de paiement..., il n’est pas exclu qu’une nouvelle crise de la dette éclate de manière synchronisée.

La conjoncture exceptionnelle actuelle démontre l’impasse du modèle néo-libéral pour les peuples des pays du Sud.

Selon la théorie économique dominante, le développement du Sud est retardé à cause d’une insuffisance de capitaux domestiques (insuffisance de l’épargne locale). Toujours selon la théorie économique dominante, les pays qui souhaitent entreprendre ou accélérer leur développement doivent faire appel aux capitaux extérieurs en utilisant trois voies : primo, s’endetter à l’extérieur ; secundo, attirer les investissements étrangers ; tertio, augmenter les exportations pour se procurer les devises nécessaires à l’achat de biens étrangers permettant de poursuivre leur croissance. Pour les pays les plus pauvres, il s’agit aussi d’attirer des dons en se comportant en bons élèves des pays développés.

La réalité contredit la théorie : ce sont les pays en développement qui fournissent des capitaux aux pays les plus industrialisés, à l’économie des Etats-Unis en particulier.
La Banque mondiale ne dit pas autre chose : « Les pays en développement pris ensemble sont des prêteurs nets à l’égard des pays développés » [2].

Il n’est pas vrai que les PED doivent recourir à l’endettement pour financer leur développement. De nos jours, le recours à l’emprunt sert essentiellement à assurer la poursuite des remboursements. Malgré l’existence d’importantes réserves de change, les gouvernements et les classes dominantes locales du Sud n’augmentent pas l’investissement et les dépenses sociales. Une seule exception : le gouvernement du Venezuela qui s’oppose aux classes dominantes locales et à l’impérialisme des Etats-Unis et de l’Union européenne.

Tôt au tard, les peuples se libéreront de l’esclavage de la dette et de l’oppression exercée par les classes dominantes au Nord et au Sud. Ils obtiendront par leur lutte la mise en place de politiques qui redistribuent les richesses et qui mettent fin au modèle productiviste destructeur de la nature. Les pouvoirs publics seront alors contraints de donner la priorité absolue à la satisfaction des droits humains fondamentaux.

Par Eric Toussaint, politologue, président du CADTM Belgique.




Ce texte constitue l’avant-propos de l’édition de «  La Finance contre les peuples. La Bourse ou la Vie  » aux Etats-Unis. Livre à paraître sous le titre « Your Money or Your Life » pendant l’été 2005 aux éditions Haymarket à Chicago.

Notes

[1Source : World Bank, Global Development Finance 2005, Washington DC, April 2005, p. 165. A la fin de 2004, les PED disposent d’environ 1.600 mds sous forme de réserves de change (1.591 mds $ voir p. 165) soit plus que le total de leur dette publique externe (1.555 mds $ p. 161). La Chine, la Malaisie, la Thaïlande, l’Inde, la Corée du Sud, ont des réserves de change supérieures à leur dette publique externe. Les PED d’Asie pris ensemble ont des réserves de change qui représentent plus du double de leur dette publique externe (ou encore 30% de plus que l’ensemble de leur dette externe publique et privée - voir tableau p. 161 et 165). Les réserves de la Chine à elle seule représentent 7 fois sa dette publique externe.
Pour l’Afrique du Nord et le Proche Orient, les réserves de change s’élèvent à 141 mds $ alors que la dette externe publique s’élève à 127 mds $. Les réserves de l’Algérie s’élèvent à 41 mds $ contre une dette publique externe de 27 mds $.

[2« Developping countries, in aggregate, were net lenders to developed countries. » (World Bank, Global Development Finance 2003, p. 13). Dans l’édition 2005 du Global Development Finance, p. 56, la Banque écrit : « Les pays en developpement sont maintenant exportateurs de capitaux vers le reste du monde. » (« Developping countries are now capital exporters to the rest of the world.” World Bank, GDF 2005, p. 56).

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.

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