Un succès pour le CADTM : l’Assemblée mondiale du réseau, réunie à Dakar du 13 au 16 novembre 2021

16 novembre par CADTM International


Le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) a tenu sa traditionnelle Assemblée mondiale du réseau (AMR) du 13 au 16 novembre 2021, à Dakar, au Sénégal. C’est la troisième Assemblée mondiale du réseau qui a eu lieu sur le continent africain après celles de mai 2013 au Maroc et avril 2016 en Tunisie. Cette grande réunion du CADTM s’est tenue pendant 4 jours simultanément en présentiel (avec 37 délégué·es, 19 femmes et 18 hommes) et en ligne (34 participant·e·s) avec une large représentation de femmes.

Les délégations présentes physiquement à Dakar provenaient de 16 pays d’Afrique (Afrique du Sud, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Kenya, Mali, Maroc, Niger, République démocratique du Congo, Congo Brazzaville, Sénégal, Togo, Tunisie), 1 pays d’Amérique latine et Caraïbes (Haïti) et 2 pays d’ Europe (Belgique et France).
À cela s’ajoutent les délégué·es qui ont participé en ligne, à distance. Les pays suivants étaient représentés à distance : Argentine, Brésil, Colombie, Uruguay, Puerto Rico, Espagne, Portugal, Suisse, Inde, Pakistan et Japon. En résumé : des délégations de 30 pays ont participé à l’Assemblée mondiale du réseau CADTM.

Les séances de cette AMR se sont déroulées en trois langues : anglais, français et castillan, avec une traduction simultanée.

La réunion a commencé par une présentation générale des objectifs du CADTM lors de cette assemblée mondiale dans le contexte actuel. Cela a été suivi d’un rapport sur la situation économique et politique internationale. Ce dernier analyse le contexte économique général, l’évolution de la pandémie du coronavirus et de la crise sanitaire mondiale, la crise climatique et environnementale en cours, l’augmentation des formes autoritaires ou/et dictatoriales de gouvernement à l’échelle planétaire, l’offensive du Capital contre le Travail et l’offensive patriarcale également, le niveau des résistances et l’état des mouvements qui contestent le système capitaliste et patriarcal et enfin les grands défis que doit relever le CADTM.

Ce rapport sur la situation internationale a été complété par 4 rapports continentaux (Afrique, Amérique latine et Caraïbe, Europe et Asie). Ce point de l’ordre du jour a été enrichi par des interventions faites par les différentes délégations.

Un bilan très riche du Secrétariat international partagé (SIP) du réseau CADTM a été exposé par ATTAC CADTM Maroc et le CADTM Belgique. Il englobait les activités organisées, les formations, les communiqués de presse et les déclarations, les sites et les pages Facebook, les bulletins électroniques, les publications (livres et revues), les vidéos pédagogiques, les synergies avec les différents partenaires mondiaux, l’élargissement et le renforcement du CADTM, les financements, etc.

La Coordination des luttes féministes du CADTM, qui est un espace féministe non mixte créé en 2017, a également présenté son bilan et les avancées dans la réflexion, l’engagement et l’enracinement du réseau. La coordination des luttes féministes a organisé du 8 au 11 novembre 2021 à Dakar le quatrième séminaire sur les femmes, dettes et le microcrédit.

La charte politique du réseau CADTM, établie en janvier 2009 et amendée par le Conseil international du CADTM en septembre 2019, a été actualisée. Les principaux points ajoutés sont : les dettes illégitimes au Nord, les dettes privées illégitimes, la crise écologique, le mouvement féministe, et l’endettement légitime pour un programme de transition. Les amendements de la charte de fonctionnement ont concerné les sanctions à prendre en cas de comportement sexiste, l’intégration dans la charte de la Coordination des luttes féministes du CADTM Afrique comme initiative exemplaire qui devrait être suivie par les organisations du CADTM dans les autres continents. Le secrétariat international partagé est chargé de réaliser l’édition finale des deux chartes amendées à partir des apports de la discussion.

L’Assemblée mondiale du réseau a ensuite entériné les nouvelles adhésions : celle du réseau Nord-africain pour la souveraineté alimentaire, celle de la Ligue des paysans du Kenya, celle du Front citoyen pour l’audit à Puerto Rico et enfin celle du collectif féministe africain Womin, basé en Afrique du Sud, qui se concrétisera dans les mois qui viennent.

Mettant à profit leur participation à l’Assemblée mondiale, les participant·es se sont rendu·es au lac Wouye à Malika, un quartier populaire de l’agglomération de Dakar, pour participer à un programme d’activités organisé par le CADTM Sénégal. Les délégué·es du CADTM international ont rencontré une trentaine de personnes qui, à travers leur association, sont investies dans un projet de sauvegarde de l’écosystème local.

Lors du dernier jour de l’AMR, les participant·es ont passé en revue les grandes activités auxquelles leur organisation et le réseau CADTM en tant que tel, allait prochainement participer. Il s’agit notamment, en décembre 2021, de l’Alliance africaine pour la souveraineté alimentaire qui se réunira à Nairobi au Kenya et également l’Assemblée générale du Réseau nord-africain pour la souveraineté alimentaire qui se tiendra à Tunis. Le CADTM poursuivra sa participation à la campagne pour la levée des brevets sur les vaccins, les médicaments et les traitements pour combattre le coronavirus. En 2022, le réseau CADTM participera au Forum social mondial (FSM) qui devrait se réunir dans la capitale mexicaine au mois de mai. Juste avant le FSM, le CADTM Amérique latine et Caraïbe (AYNA) se réunira également à Mexico afin de réaliser son assemblée annuelle. En 2022 auront également lieu d’autres activités internationales auxquelles le CADTM participera activement : au mois d’août, l’assemblée des peuples de la Caraïbe à Haïti et l’université européenne des mouvements sociaux organisée en Allemagne par le mouvement ATTAC ; en octobre, au Maroc, le contre-sommet par rapport aux assemblées annuelles de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
et du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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 ; probablement en novembre, au Mali, le Forum des peuples.

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