Commnuniqué de Sud BPCE

Mise en examen de François Pérol, président du groupe BPCE

7 février 2014 par SUD-BPCE


La mise en examen de François Pérol après son audition par un juge d’instruction du pôle financier confirme le bienfondé de la plainte de Sud BPCE (suivi par ANTICOR et la CGT) contre le président du Groupe BPCE pour prise illégale d’intérêt. Après que le parquet de Paris a dans un premier temps classé sans suite notre plainte, nous avons maintenu notre action en nous constituant partie civile. Il est insupportable aux salariés et aux citoyens que nous sommes, comme à beaucoup de gens, qu’une nomenklatura élitiste s’affranchisse des lois avec une désinvolture affichée.

Bulletin scolaire de François Pérol

Au-delà de la personne de François Pérol qui ne nous importe pas, la démarche de Sud BPCE s’inscrit dans la défense d’une déontologie et de principes qui doivent être au cœur du mutualisme que les salariés et les dirigeants des caisses d’épargne et des banques populaires doivent porter au quotidien.
En effet, les conditions de la nomination de François Pérol sont révélatrices des dérives d’un Groupe qui a renoncé à ses valeurs historiques de mutualisme. Cette orientation catastrophique s’est accélérée sous la présidence de Charles Milhaud, le prédécesseur de François Pérol, avec en 2006 deux événements majeurs :

  • la rupture du pacte d’actionnaires liant les Caisses d’Épargne à la CDC (une opération qui a coûté 7 milliards d’euros au Groupe des Caisses d’Épargne),
  • la création de NATIXIS (dont le naufrage représente au moins 8 milliards d’euros de pertes).

Loin de rompre avec cette orientation, à l’occasion de sa nomination à la tête de BPCE nouvellement créée début 2009, François Pérol a poursuivi sur cette voie en dénonçant unilatéralement il y a quelques semaines le partenariat unissant BPCE à la CNP. Il s’agit désormais de mettre les salariés des réseaux des Banques Populaires et des Caisses d’Épargne au service de NATIXIS en remontant à cette dernière de nombreux de contrats d’assurance dans le seul but de rémunérer les actionnaires. Aujourd’hui, c’est NATIXIS qui détermine la politique du Groupe BPCE. En 2012, le rachat par les Banques Populaires et les Caisses d’épargne de leurs certificats coopératifs d’investissement à NATIXIS a coûté aux deux réseaux 12,1 milliards d’euros dont 2 milliards ont été généreusement versés en dividendes aux actionnaires de NATIXIS. Dans le même temps, le directoire de BPCE poursuit sa politique de blocage des salaires dans les deux réseaux de la banque de détail.

Après la crise financière de 2007 causée par les pratiques spéculatives des banques, aucune leçon n’a été tirée par leurs dirigeants et aucun changement n’est intervenu dans leurs pratiques comme en témoigne la succession de scandales financiers qui font quotidiennement la une de la presse. Pour Sud BPCE, il est urgent de créer dès maintenant un authentique service public bancaire en socialisant l’ensemble des banques, c’est-à-dire en les plaçant sous contrôle citoyen avec un partage des décisions entre les dirigeants, les élus locaux ainsi que les représentants des salariés, des clients, des associations et des instances bancaires nationales et régionales. Ce service public bancaire mis au service de l’ensemble de la société, et non des seuls intérêts de quelques-uns, permettrait de renouer enfin avec les valeurs du mutualisme sur lesquelles les Caisses d’Épargne se sont construites il y a près de deux siècles.