La semaine de la critique 2008 du festival de Cannes a sélectionné le film de Philippe Diaz « La fin de la pauvreté ? »

6 octobre 2008


Avec tant de richesses dans le monde, comment peut-on avoir autant de pauvreté ?
« La Fin de la Pauvreté ? » retourne au début des temps modernes, au début des temps coloniaux, pour comprendre quand mais aussi pourquoi tout cela a commencé ?
Les experts internationaux aussi bien que les victimes nous apportent des éléments de réponse, condamnant le colonialisme, l’économie de marché, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
du tiers-monde, l’appropriation des terres et des autres ressources naturelles, qui entre autres condamnent les pays du tiers-monde et tous ceux qui s’efforcent de survivre dans un environnement toujours plus hostile.
N’est-il pas temps de se demander pourquoi aujourd’hui 25% de la population mondiale consomme plus de 85% des ressources de la planète ?

Experts présents à Cannes du 18 au 20 mai :

Clifford Cobb – Auteur et historien spécialisé dans les problèmes d’inégalités dans le monde – Ancien Président et actuel chef de projets à la Robert Shalkenbach Foundation basée à New York (co-producteur du film)

Susan George – Auteur spécialisée dans les rapports Nord-Sud – Directrice associée et Cofondatrice du Transnational Institute à Amsterdam – Présidente de l’Observatoire de la Mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
à Paris – Cofondatrice d’ATTAC

Eric Toussaint – Président et fondateur du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde – membre du conseil international du Forum Social Mondial Auteur spécialisé dans la dette du tiers monde.

Né à Paris, Philippe Diaz étudie la philosophie à La Sorbonne et commence sa carrière dans le cinéma en 1980. Il produit de nombreux films comme « Havre » de Juliet Berto, « Rue Du Départ » de Tony Gatlif, « Mauvais Sang » de Léos Carax, « Pierre et Djémila » de Gérard Blain et « La Nuit Bengali » de Nicolas Klotz. Il commença ensuite une carrière internationale produisant des réalisateurs comme Robert Frank « Candy Mountains » et Bobby Roth « L’Affaire Walraff ». En 1991, il s’installe à Los Angeles où il continue de produire des films d’auteurs mais également crée un mini studio : Cinema Libre Studio, spécialisé dans les films de fiction et documentaire à caractères sociaux ou politiques. Son premier film comme réalisateur : « Nouvel Ordre Mondial (Quelque Part en Afrique) » a été présenté à la Semaine de la Critique en 2000.

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