Histoire d’un terrorisme exterminateur d’un Nord contre un Sud !

Haïti, le ventre des pauvres sous contrôle des ploutocrates.

26 avril 2008 par Camille Loty Malebranche


Au moment où les émeutes de la faim font rage, il est un aspect essentiel que le cas d’Haïti révèle à tous : la volonté du nord ploutocratique à contrôler le ventre des pauvres du Sud. En Haïti, le dumping des denrées étasuniennes subventionnées par l’État étasunien pour détruire la production locale sans subvention ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place. Victime de cette concurrence déloyale éliminatrice des agriculteurs pauvres, la république haïtienne est peu à peu devenue une sorte de cloaque des produits agricoles, avicoles et piscicoles de bas étages des Etats-Unis. À un pays qui mangeait opulemment sa viande saine, ses vivres, ses fruits (bananes, oranges, corossols, melons, papayes, ananas, cachimans) et ses céréales naturelles et en exportait, on a fini par imposer les poulets aux hormones, toutes sortes d’abats d’oiseaux, des rebuts de poissons méphitiques des piscines de Miami, poissons déjà de carne que les repus malades des Usa refusent sur leur table elle-même si peu hygiénique. Il faut aussi dire ici que le homard, la langouste et le poisson haïtiens sont pêchés en haute mer par des chalutiers étasuniens qui n’en laissent que les petits aux haïtiens qui ne disposent guère de technique de pêche pouvant rivaliser avec les étasuniens violant les eaux territoriales haïtiennes en toute aisance.

Bref survol historique d’une marche au supplice.

En 1971, Bébé Doc n’a été - à la mort de son père, le cannibale François Duvalier - accepté et investi président haïtien par le département d’État étasunien, que pour initier ce genre de changements alimentaires susdits au pays, avec l’intervention du Fmi FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
avec ses organismes régionaux. On s’est mis à remplacer par un cheptel porcin rose venu des Etats-Unis, le cheptel porcin noir d’Haïti tué par un certain organisme spécialisé en l’enraiement de la peste porcine africaine soi disant imminente en Haïti. Ledit organisme d’élimination des porcs haïtiens, nommé Peppadep, opérait sous l’instigation étasunienne via la banque interaméricaine de développement et avec l’appui complice d’autres pays continentaux tels le Canada, ce bon larbin en toutes basses œuvres des étasuniens, qui a fait pression sur le gouvernement haïtien selon le fallacieux prétexte de prévention de ladite peste porcine d’ailleurs jamais vérifiée au pays selon les paysans éleveurs ! C’est à croire que David Cooper avait raison de traiter de « porchumain » le bourgeois ; le bourgeois du nord, dans cette occurrence particulière, a bel et bien évincé la race proprement porcine, sa rivale ! On a également tué la volaille haïtienne par une armée de mangoustes répandues en Haïti, encore une fois par les Usa pour combattre une prétendue dangereuse infestation ophidienne du pays ! Il faut dire qu’en Haïti, pays à forte majorité paysanne et à tradition vaudoue où l’attachement familial à la terre excède le profane pour s’ancrer dans une mystique que les paysans désignent sous le nom créole de « bitasyon », c’est-à-dire (habitation), sorte de microfundi logeant les plantations et les planteurs qui les considèrent comme domaine des esprits et des ancêtres parmi les vivants où ces planteurs paysans menaient leur dure existence besogneuse sans encadrement de l’État moloch haïtien, nourrissant alors le pays, fournissant des produits d’exportation tout en entretenant un lopin de polyculture de subsistance. La politique de Wilson de transformer les terres haïtiennes en domaines étasuniens pour les latifundi exclusivement voués à la canne à sucre et à d’autres produits d’exportation à la solde de la Banana Fruit, avait échoué même au plus fort de la première Occupation yankee du pays allant de 1915 à 1934. La résistance paysanne, malgré les mitrailleuses et les massacres, avait empêché l’application de la politique économique de la puissance continentale qui l’avait réussi dans bien d’autres pays du continent. Alors, comme par revanche, après la mort de papa doc (François Duvalier) l’immonde et rétrograde criminel contre l’humanité néanmoins quand même nationaliste sur certains points, notamment au sujet de l’autarcie alimentaire du pays, les étasuniens ont donc sauté sur l’occasion, acceptant et adoubant à la tête d’Haïti, Jean-Claude Duvalier - fils et dauphin de François, jeune ignare de 19 ans - qui ne connaissait alors que le tir, le volant et le sexe. Ainsi, le département d’État étasunien avait, à la tête de l’État haïtien, son instrument de destruction de l’autarcie alimentaire du pays. Question de réaliser enfin le rêve étasunien de détruire quoique par un crime économique sans précédent, cette autarcie alimentaire haïtienne, ravageant triomphalistement le bastion d’autonomie voire de rébellion résistante d’un petit pays à tradition révolutionnaire qui avait mis Napoléon avec son expédition de plus de 40.000 de ses meilleurs hommes de troupe en déroute en 1803 et renvoyé bredouilles, au sujet de la transformation agraire préconisée par Wilson, des dizaines de milliers d’étasuniens pillards ayant mis à sac comme dans un western la banque nationale d’Haïti, avant la désoccupation et le départ des yankees en 1934. L’on sait par ailleurs que les présidents étasuniens Jefferson au 19e siècle et F.D.Roosevelt au 20e siècle ne cachaient pas leur haine pour « cette peste indépendantiste et antiesclavagiste de nègres qui ont pris leur indépendance par les armes » [1] ! La fierté des masses haïtiennes de toujours dire non aux prédateurs colonialistes, racistes, négrophobes et affameurs de la planète avait enfin été rayée du paysage, touchant le fond de l’abysse par les assauts d’un commerce déréglementé par les Etats-Unis infligeant un supplice impitoyablement orchestré contre Haïti.

Fin de l’histoire et victoire criminelle et affameuse du dumping.

L’imposture criminelle diabolique du dumping s’est allègrement poursuivie à la chute de Jean-Claude renversé à la suite de soulèvements populaires en février 1986. Le Cng (conseil national de gouvernement) qui succéda à Jean-Claude, ouvrit le pays aux produits peu couteux des Etats-Unis - parce que subventionnés par l’État étasunien - désormais vainqueurs dans leur politique de destruction de la production agricole haïtienne. Les États-Unis purent donc poursuivre leur abomination raciste et antihaïtienne avec la bénédiction de la politique-alibi du Cng prétendant combattre sans nuance et de cette manière expéditive, la cherté de la vie. Ainsi, le riz, le pois, la farine, le lait en conserve et bien d’autres produits comme des pieds de poulets made in Usa ont bombardé les marchés publics haïtiens à des prix providentiels pour les acheteurs à faible revenu, mais enclenchaient le désastre d’aujourd’hui sans que les gouvernants haïtiens, hommes de mains des étasuniens, criassent gare ou intervinssent d’une quelconque façon ! Avec la fin des années 90, le néolibéralisme et ses menus fretins dits économistes que je ne citerai pas pour ne pas leur faire de la publicité, on entendit sur les ondes de certaines radios haïtiennes comme un évangile du salut économique par la libéralisation du marché pour libérer le peuple haïtien de la misère. Ces piètres émules tropicaux d’Alain Mink, lui-même répugnant, ont convaincu les classes moyennes et petits-bourgeois que les Etats-Unis veulent du bien au pays et qu’il fallait faire pression sur le pouvoir pour qu’Haïti s’ouvre encore plus à un dumping qui se préparait déjà à se convertir en prix exorbitants une fois la mise à mort de l’agriculture et de l’élevage haïtien totalement réussie et définitive... L’Usaid, l’usis, l’Iri, le Food for care Care Le concept de « care work » (travail de soin) fait référence à un ensemble de pratiques matérielles et psychologiques destinées à apporter une réponse concrète aux besoins des autres et d’une communauté (dont des écosystèmes). On préfère le concept de care à celui de travail « domestique » ou de « reproduction » car il intègre les dimensions émotionnelles et psychologiques (charge mentale, affection, soutien), et il ne se limite pas aux aspects « privés » et gratuit en englobant également les activités rémunérées nécessaires à la reproduction de la vie humaine. ... tous organismes étasuniens en Haïti nourrissaient et nourrissent ces sortes de mufles économistes pour mystifier intellectuellement des imbéciles des classes moyennes scolarisées, certains secteurs désinformés des masses et mythifier ce qui est en fait un mécanisme simplet de destruction d’un pays par l’escroquerie de la concurrence déloyale du plus riche pays du monde. Avec leur lugubre succès contre Haïti, non seulement les étasuniens se débarrassent de leur salissure de produits sans valeur, vendent leurs saletés rédhibitoires à prix inabordables aux haïtiens ; mais, ce qui est du terrorisme exterminateur, ils ont aujourd’hui la clef du ventre des haïtiens, le terrifiant pouvoir de créer des famines factices pour détruire tout gouvernement ou mouvement patriote voulant changer de politique pour transformer le faciès patibulaire de ce pays valétudinaire et martyrisé !

La nouvelle terreur du monde est donc la faim comme arme de destruction massive des peuples entre les mains de quelques transnationales et d’états du nord qui leur garantit leur règne de jungle où la vie des peuples du sud et des petits états de la périphérie, n’est rien qu’une marche létale au supplice planifié.




Source : Oulala.net

Notes

[1Propos de Jefferson repris en d’autres mots par Roosevelt sur l’indépendance haïtienne.

Traduction(s)