En route pour Copenhague, d’autres mondes sont prêts !

Camp des alternatives de Liège

15 octobre 2009 par Eric De Ruest , Pauline Imbach


A l’occasion de la journée mondiale du 12 octobre pour la terre mère, contre la colonisation et la marchandisation de la vie et dans le cadre de l’ouverture de la semaine globale d’actions contre la dette et les Institutions financières Internationales (IFI), le Groupe Thomas Sankara (GTS) / CADTM Liège et l’assemblée populaire liégeoise ont organisé le 11 octobre dernier, à Liège, le camp des alternatives. Ce camp répondait à l’appel de l’assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial de Belém , en organisant une mobilisation décentralisée pour revendiquer et proposer la mise en place d’alternatives anti-impérialistes, anti-capitalistes, féministes, écologistes et socialistes. Le camp des alternatives était aussi l’occasion de mobiliser à Liège en vue du contre sommet de Copenhague qui aura lieu en décembre prochain.


Concrètement, les militant-e-s ont occupé pendant une journée l’espace public de la ville de Liège (Boulevard Saucy) et le camp a permis de multiples rencontres entre citoyen-ne-s pour partager des alternatives et coordonner les mobilisations locales, nationales et internationales. D’immenses banderoles ont été accrochées à l’entrée du camp, sur la passerelle et sur les ponts qui surplombent la Meuse. Ces banderoles étaient visibles de la Batte, le marché hebdomadaire liégeois qui brasse une foule permanente de 8h00 à 14H00, du Ravel où les promeneurs du dimanche flânent, des ponts où passent les voitures ... On pouvait y lire « la planète ne survivra pas au capitalisme », « D’autres mondes sont prêts », « combien de temps pouvons nous encore avoir des riches ? », « Des papiers pour tou-te-s ou tou-te-s sans papiers » « la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
tue, annulons-la » « free Palestine, boycott Israel », « Journée de mobilisation pour la terre mère, contre la colonisation et la marchandisation de la vie » et « En route pour Copenhague ».
Dans le camp, on pouvait lire sur des panneaux des appels internationaux à mobilisation comme la déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial de Belém, l’appel à mobilisation de la semaine d’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
mondiale contre la dette et les institutions financières internationales (IFI) « On en a assez des fausses solutions : les peuples et la planète ont besoin de l’annulation de la dette et des réparations tout de suite ! » et l’appel pour Copenhague de la plate-forme Urgence climatique, justice sociale.

Plus de 400 personnes ont participé au camp des alternatives, certaines ont passé toute la journée, participant pleinement aux débats et aux actions organisées. Des groupes de discussions informelles se sont mis en place sur les questions de la dette du tiers monde, des sans papiers, de la relocalisation de l’agriculture, de la construction écologique, et sur de nombreuses expériences de résistance potagère comme la permaculture ou encore les potagers urbains. Des petites actions ont permis de détourner les messages des publicités présentes autour du camp, de construire un mur en paille ou d’installer des potagers sur les emplacements de parking.
Une formation à l’action directe non violente a également été proposée aux personnes présentes ainsi qu’un point d’information sur l’organisation et le déroulement de la mobilisation de Copenhague.

De plus, toute la journée des troupes de théâtre (Croquemitaine, le Grand Asil, ACT A Contre Temps), des musicien-ne-s (John Balancier, Les mains sales, Xaman-ek, U-percut) et des slam-euses-eurs ont apporté de la gaîté, de la poésie, de l’humour, des alternatives, etc .. aux autres participant-e-s du camp.

L’Aquilone, lieu alternatif liégeois incontournable, situé sur le boulevard où avait lieu le camp, a prêté main forte à l’organisation. Pendant la journée l’exposition itinérante « La commune de Oaxaca » a été montée dans le porche et dans la cour de l’Aquilone, faisant ainsi écho de l’insurrection des peuples mexicains de l’état de Oaxaca. De plus la radio alternative 48FM y a installé son studio afin de diffuser un maximum d’informations, de débats et de nouvelles du camp.

Vers 14h, quelques participant-e-s sont parti-e-s sur le marché de la Batte pour récupérer les invendus afin de préparer une soupe et une ratatouille pour le repas du soir, mis à disposition de tou-te-s au prix libre.

A 15 heures a eu lieu la 4e assemblée populaire liégeoise, moment clé du camp. Plus de 120 personnes y ont participé afin de définir des actions et des stratégies communes. La solidarité entre militant-e-s et le travail en réseau étaient au cœur des discussions. Il a été décidé d’utiliser la liste de diffusion de l’assemblée populaire comme un outil de mobilisation pour les luttes locales et nationales. L’idée est de constituer une sorte de « réserve de militant-e-s » qui agissent en solidarité avec les luttes portées par d’autres. Cela permettrait de renforcer la convergence des mouvements et de créer le rapport de force nécessaire au changement. De plus, il a été souligné que l’action est une des clés pour élargir les mobilisations et renforcer les réseaux. Si la sensibilisation, la diffusion d’informations, l’éducation sont des éléments importants pour augmenter le nombre de gens conscientisés et ainsi renforcer les réseaux, l’effervescence, la mise en mouvement d’un plus grand nombre se construit à travers des actions.

Le prochain rendez-vous est bel et bien Copenhague, et pour celles et ceux qui ne pourront pas être du voyage, il reste à mettre en place des mobilisations décentralisées !

Pauline Imbach et Eric De Ruest

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Eric De Ruest

est membre du CADTM Belgique et co-auteur avec Renaud Duterme de La dette cachée de l’économie, Les Liens qui Libèrent, 2014.

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