Argentine : Non à l’accord avec le FMI : Journée de mobilisation de la 8F

15 février par Maria Elena Saludas


Mardi 8 février, des organisations sociales, syndicales, étudiantes et de défense des droits de l’homme ainsi qu’un large éventail de la gauche argentine ont défilé dans tout le pays, sous le slogan unificateur : « Non au pacte du gouvernement avec le FMI ».

Depuis l’« Autoconvocatoria por la Suspensión de Pagos e Investigación de la Deuda », un espace composé de plus de 400 mouvements et organisations, nous avons mené des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
de sensibilisation. Depuis les radios ouvertes, les journées de diffusion, la distribution de tracts, jusqu’à l’important Tribunal populaire contre la dette et le FMI, qui s’est tenu en 2020.

Nous pensons également qu’il est fondamental d’« être dans la rue » pour résister à ce Pacte et à toutes les négociations avec le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et les « créanciers » privés.

À cet égard, Nora Cortiñas, Mère de la ligne fondatrice de la Plaza de Mayo et l’une des promotrices de l’Autoconvocatoria, déclare : « Cet accord est une nouvelle escroquerie qui apportera plus de faim, plus d’extractivisme Extractivisme Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique. , nous ne pouvons pas le permettre. La dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
est envers les gens et la nature, pas envers le FMI ».

L’Autoconvocatoria, a fait un « Appel à l’unité pour faire face au nouvel accord odieux » que nous avons diffusé le 29 janvier, en rejetant cet accord « dans le dos du peuple et face à la consolidation de l’ajustement et l’approfondissement des conditionnalités Conditionnalités Ensemble des mesures néolibérales imposées par le FMI et la Banque mondiale aux pays qui signent un accord, notamment pour obtenir un aménagement du remboursement de leur dette. Ces mesures sont censées favoriser l’« attractivité » du pays pour les investisseurs internationaux mais pénalisent durement les populations. Par extension, ce terme désigne toute condition imposée en vue de l’octroi d’une aide ou d’un prêt. que le Fonds et ses partenaires principaux exigent, depuis la signature de l’accord en 2018. » Nous dénonçons également ce nouvel acte de soumission et de dépendance, de pillage des richesses et des biens communs de tout le peuple argentin, l’abandon de la souveraineté populaire, la légitimation de l’escroquerie ainsi dénoncée, l’impunité qu’elle garantit aux responsables et aux bénéficiaires et, l’amnistie politique, sociale et culturelle qu’elle leur offre ainsi qu’aux politiques néolibérales que le FMI et le système de la dette perpétuelle ont imposées dans toute la région.

A Rosario, Argentine - Crédits photo : María Elena Saludas

Rappelons que cet accord a été annoncé il y a quelques jours, avant de payer des échéances de 1,1 milliard de dollars à l’institution précitée. Avec le récit selon lequel « il n’y aura pas d’ajustement », qu’aucun changement structurel ne sera exigé (y compris des réformes du travail ou de la sécurité sociale), le processus avance, qui doit être ratifié par le conseil d’administration du FMI et le Congrès argentin, sur la base d’une « lettre d’intention » et d’un « protocole d’accord » dans lesquels les objectifs de la renégociation de la dette de près de 45 milliards de dollars sont explicités. La question est de savoir pourquoi le FMI agira différemment de ce qu’il a fait depuis sa création (à la fin de la Seconde Guerre mondiale et avec l’hégémonie absolue des États-Unis, avec 16,8 % des voix et le soutien total des pays capitalistes alliés). Depuis sa création il y a près de 78 ans, ses « recettes » ont conduit à un accroissement des inégalités, à la consolidation de l’appauvrissement de la majorité sociale exclue de l’emploi et des revenus. Avec des conditions structurelles, surtout par rapport au modèle productif ou de développement qui approfondit l’extractivisme afin d’obtenir des devises pour le paiement des engagements envers le Fonds et d’autres créanciers externes.

A Rosario, Argentine - Crédits photo : María Elena Saludas

Pour toutes ces raisons, nous nous sommes mobilisés ce 8 février et nous continuerons à le faire, en appelant le peuple argentin et toutes les organisations cohérentes qui dénoncent cette nouvelle hypothèque et le système de la dette perpétuelle. Il est nécessaire de construire un mouvement populaire fort qui mette fin aux conditions et aux « recettes » dictées par le FMI et le grand capital afin d’avancer dans les transformations tendant à faire face à la dette avec les peuples et la nature.

« Notre unité d’action, en fonction de nos besoins et de nos droits, sera la clé ».

Dehors le FMI ! La dette est envers les peuples et la nature.

Suspension des paiements maintenant - Pas UN dollar de plus au FMI !

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Maria Elena Saludas

ATTAC/CADTM Argentina

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