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Les autres voix de la planète n°60
4e trimestre 2013 - n°60
7 novembre 2013

Sommaire

FMI et Banque mondiale : l’heure du bilan. Plaidoyer pour leur remplacement
par Éric Toussaint

Espagne 2018. Le sombre avenir que nous réserve le FMI
par Jérôme Duval et Fatima Fafatale

Grèce : La troïka transforme la récession en dépression. Sauvetage ou noyade ?
par Jérôme Duval

La Charte politique du CADTM : une autre boussole internationale, pointée vers la justice sociale et le respect de la nature
par Éric Toussaint

La doctrine « trop grandes pour être condamnées » ou comment les banques sont au-dessus des lois
par Daniel Munevar

Le scandale du crédit en franc suisse
par Pierre Gottiniaux

Pourquoi la dette liée aux sauvetages bancaires est-elle illégitime ?
par Jérémie Cravatte

Le Brésil, l’Algérie et la Norvège l’ont fait. Pourquoi pas la Belgique ?
par Olivier Bonfond

Égypte. Après Morsi, Al-Sissi
Interview de Mahinour El Badrawi par Noémie Picavet

Afrique subsaharienne : Un boom des classes moyennes ?
par Jean Nanga

Colombie. La rue et les peuples ont le dernier mot !
par le CADTM Colombie

Argentine. Nouveau jugement concernant les « fonds vautours » : un nouveau chapitre de la dette illégale et illégitime
par ATTAC/CADTM Argentine

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EDITO

A l’heure où nous écrivons ces lignes se tiennent à Washington, du 11 au 13 octobre, l’Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui réunit les têtes de ces institutions, les grands dirigeants serviles du secteur public - banques centrales, ministères des finances et du développement -, les barons de la finance et toute une brochette d’« experts », tenants de l’idéologie néolibérale. En contrepoint à cette grande messe, de nombreuses organisations et mouvements sociaux, dont le CADTM, se mobilisent et appellent à une semaine mondiale d’action contre la dette et l’austérité, sous le mot d’ordre « Ce n’est pas notre dette ! ».

Au nom du remboursement de dettes illégitimes et insoutenables, ces institutions sangsues et leur cour de parasites saignent les peuples et la nature. Fermeture d’écoles et d’hôpitaux, diminution ou suppression d’allocations sociales, hausse de la TVA, ouverture des marchés et mise en concurrence déloyale des petits producteurs locaux avec des multinationales (voir l’exemple éloquent de la Colombie, article p.37)... De telles politiques, appliquées depuis des années en Amérique latine, en Afrique, en Asie, et maintenant en Europe et Amérique du Nord, font payer la facture aux populations tout en favorisant les plus puissants. Malgré leur mauvaise réputation auprès des peuples, ces institutions rempilent, année après année, contre eux.

En 2014, le FMI et la Banque mondiale célébreront leur 70 ans d’existence. Un funeste anniversaire, et l’occasion de dresser, dans ce numéro, le bilan de leurs forfaits, depuis leur création (article p.4) jusqu’à l’intervention plus récente du FMI en Europe, la Grèce faisant figure de laboratoire (article p.10) et l’Espagne (article p.8), comme nombre de gouvernements pleutres, disposée à appliquer ces « recommandations » et recettes de misère.

Les grands gagnants de la crise financière de 2008, ces banques soi-disant too big to fail, sont aussi épinglés dans ce numéro (articles p.18 à 25). Car la dette des États issue du sauvetage des banques privées, ce n’est pas notre dette ! La dette issue des cadeaux fiscaux octroyés aux plus riches et aux grandes entreprises depuis des dizaines d’années, ce n’est pas notre dette ! Quand elle nous appauvrit, nous, les 99%, pour entretenir des rentiers indus et privés, la dette n’est pas légitime, ce n’est pas notre dette !

Après 70 ans de déloyaux services envers les populations, le FMI et la Banque mondiale ont fait preuve de leur pouvoir de nuisance. L’exigence de leur abolition s’impose. Remercions également ces sbires - gouvernements complices, Commission européenne, OMC, etc. -, nous n’en voulons pas.

Exigeons également que nos États cessent de racketter d’autres pays au nom de dettes illégitimes et odieuses qu’ils ont déjà largement remboursées alors que leurs richesses continuent à être pillées (voir article p.36). Ne payons pas la dette illégitime, et répondons à l’appel de Thomas Sankara en créant un front uni contre la dette. #NotOurDebt

« La dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. (...) Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette (...) »
Thomas Sankara, extrait du discours prononcé devant l’Union africaine le 29 juillet 1987

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