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Conférence internationale Dette, biens communs et domination
Buenos Aires, Argentine
par CADTM AYNA
5 juin 2015

Les problèmes de la dette publique, de la dépendance et de la domination impérialiste, le système-dette, étroitement liés au modèle productif et de développement, sont les principaux responsables de la paupérisation, des inégalités et du pillage dans tout le continent latinoaméricain, la Caraïbe et d’autres régions du monde. Le remboursement systématique de la dette est non seulement illégitime, illégal, odieux et impossible, mais il coûte cher sur les plans social, écologique et démocratique. C’est pourquoi il nous parait essentiel de renforcer les résistances et de construire des alternatives pour récupéer notre souveraineté et exercer notre droit à l’autodétermination pour défendre nos vies et nos biens communs.

Au cours de l’histoire, la dette publique a constitué un instrument puissant utilisé par les grandes puissances pour asseoir le colonialisme sur les plans économique, politique et culturel et disposer des vies, territoires et ressources naturelles des peuples et des pays sous leur domination. Aujourd’hui, bien au-delà des prétensions de ceux que l’on appelle les “fonds-vautours”, la question de la domination exercée par le biais de la dette publique devient de plus en plus cruciale dans le monde entier et renforce la tendance à la domination et à la transnationalisation du capital au détriment des salaires et des conditions de vie des travailleurs et travailleuses et des peuples du monde.

Les politiques d’ajustement structurel, de privatisation et de libéralisation continuent à être la réponse du système financier mondial, mené par les vieilles institutions que sont le Fonds monétaire international (FMI), la Banque Mondiale, Banque interaméricaine de développement BID) et d’autres plus récentes comme le Groupe d’action financière international (GAFI), qui est à l’origine des lois anti-terroristes. Dans ce contexte, la résistance des peuples est fondamentale et a permis, en Equateur ou en Islande par exemple, des expériences de sortie novatrice des conséquences de l’endettement particulièrement graves dans des pays comme l’Argentine, le Brésil, la Grèce ou l’Espagne, pour parler des plus souvent cités.

15 ans après le jugement historique Olmos-Ballestero, qui a permis à la justice argentine de confirmer plus de 477 irrégularités et fraudes liées à le dette, nous continuons encore à rmbourser ! C’est pourquoi nous devons débattre de ce sujet et renforcer nos capacités de mobilisation et d’action commune, en Argentine, dans le continent et dans le monde entier. Nous avons aussi besoin de parvenir à une suspension immédiate des paiements tant que la légitimité des dettes réclamées n’est pas prouvée, et pour cela de réaliser des enquêtes ou des audits de la dette avec une participation populaire.

Tels sont les objecifs de la Conférence Internationale qui se tiendra à Buenos Aires les 03, 04 et 05 juin 2015.

Nous invitons à y participer les mouvements sociaux, culturels et politiques du monde entier, et tout particulièrement de Notre Amérique, pour travailler ensemble à des propositions alternatives et anti-hégémoniques. Y sont invités tous les mouvements, organisations et personnes qui souffrent des impacts de la dette et sont porteurs de résistances et de propositions alternatives au modèle environnemental, productif et de développement pour lequel la dette est tout à la fois le moteur et le frein.

Nous nous adressons au mouvement ouvrier, indigène, paysan, des vieux, des jeunes et des femmes, des secteurs populaires, culturels, aux intellectuels, à ceux qui défendent la souveraineté et à toutes les organisations sociales et politiques, de toutes croyances et religions qui mènent, dans le monde entier, des résistances et recherchent des alternatives au modèle dominant de société et à tous ses sous-systèmes de soumission et de reproduction.

PROGRAMME
Mercredi 03/6, de 18h à 21 h, Conférence inaugurale.
Jeudi 04/6 Activités décentralisées pendant toute la journée, tels qu’ateliers et tables rondes.
Vendredi 05/6, de 10h à 14 h, Assamblée de convergence de tous les ateliers décentralisés.
17 h, Hommage à Alejandro Olmos, décédé le 24 avril 2000.
19 h, Mobilisation de rue, avec activités artistiques, qui clôturera la Conférence Internationale.

PARTICIPATION
La participation est ouverte. Au niveau national nous ferons en sorte que toutes les organisations et provinces puissent participer.
Au niveau regional et international, la présence des organisations suivantes est déjà confirmée : Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), Réseau Jubilée Sud (JS), avec des représentants venant de Belgique, Maroc et différents pays d’Amérique latine et de la Caraïbe (Haiti, Brésil, Paraguay, Colombie, Uruguay, …) ainsi que des représentants de Rencontre Syndicale Notre América (ESNA) . Des invitations ont été lancées à d’autres réseaux et mouvements, en particulier la Société Latinoaméricaine d’Economie Politique et de la Pensée critique (SEPLA), le Réseau de Défense de l’Humanité, . D’autres invitations à d’autres réseaux et mouvements sont en train d’être envoyées.

ASSEMBLEE POUR LA SUSPENSION DU PAIEMENT ET L’AUDIT DE LA DETTE, POUR LA DEFENSE DU PATRIMOINE NATIONALE ET DES BIENS COMMUNS

Le peuple a le droit de savoir ! Seule la dette envers le peuple est légitime Non au paiement de la dette illégitime, odieuse et frauduleuse Suspension des paiements et audit de la dette Défense des biens communs


Source : conferenciadeudaybienescomunes.blogspot.com

CADTM AYNA

Abya Yala Nuestra América
Abya Yala est le nom donné par les Indiens Kunas du Panama et de la Colombie au continent américain avant l’arrivée de Christophe Colomb et des européens. L’expression « Abya Yala » signifie « terre dans sa pleine maturité » dans la langue des Kunas. Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. ». Abya Yala est choisie en 1992 par les nations indigènes d’Amérique pour désigner l’Amérique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci.