Soigne et tais-toi !

13 juin par Santé en lutte


Les bourgmestres Close et Prévot veulent interdire nos rassemblements prévus ce dimanche 14 juin à 14h.

Alors que le Conseil National de Sécurité a fait rouvrir les commerces, les bars, les restaurants, les entreprises et les écoles, alors qu’il envisage l’ouverture des frontières, nous sommes toujours interdits de manifester.

Les magasins sont bondés, la rue Neuve à Bruxelles accueille entre 50 000 et 60 000 personnes par jour dans des espaces couverts, où la distanciation physique n’est pas toujours garantie ; les travailleur·euse·s sont agglutiné·e·s dans les transports en commun le matin et le soir ; la population est partout en terrasse ; mais nous sommes interdits de manifester.

Le message semble clair : « travaillez, consommez, mais restez tranquilles ».

Comme lors du pic de l’épidémie, le gouvernement fait le choix de confiner ou non les secteurs, selon ce qui lui sied le mieux. L’économie et la finance doivent reprendre, pour le reste, nous devrions patienter.

Nous l’écrivions lors de notre précédent communiqué : nous revendiquons le pouvoir de décider par nous-mêmes ce que nous voulons, ainsi que comment faire entendre nos revendications et comment faire valoir nos droits.

Contrairement au gouvernement nous sommes attentif·ve·s aux conseils sanitaires préconisés par l’OMS

Contrairement au gouvernement nous sommes attentif·ve·s aux conseils sanitaires préconisés par l’OMS : respecter les gestes barrières, la distanciation physique et le port du masque, préférer les rencontres en plein air plutôt que dans des espaces clos, rester confiné si on présente des symptômes du Covid-19, se faire dépister.

Il est très difficile d’accepter aujourd’hui une critique venant d’un gouvernement qui a failli sur toute la ligne à nous donner les moyens d’appliquer ces simples conseils, qui n’a pas protégé nos ainé·e·s, qui a exposé les soignant·e·s en ne fournissant pas le matériel de protection adéquat, qui a mis en danger les travailleur·euse·s de première ligne, qui a été incapable d’effectuer un dépistage massif, qui a sous-équipé les institutions de soins, qui sous-finance le secteur de la santé depuis des années et qui met ainsi en danger sa propre population.

En cette fin de semaine nous avons reçu deux e-mails, l’un du bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, l’autre du bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close. Tous deux se font les complices du gouvernement de pouvoirs spéciaux de Madame Wilmès en voulant interdire notre manifestation.

Alors qu’ils applaudissaient le travail des soignant·e·s pendant la pandémie, ils s’essuient aujourd’hui les pieds sur nos droits de manifester et sur nos revendications. Malgré les belles paroles de soutien, le pouvoir ne semble pas disposé à nous laisser l’espace nécessaire à notre expression. Au contraire, la classe politique se serre les coudes pour taire la contestation sociale.

Face aux efforts et aux dangers que nous avons traversés pour compenser leurs manques et sauver des vies, ce déni de démocratie est une injure. Hier nous nous battions sans arme à cause d’un gouvernement plus préoccupé par les intérêts du marché que par nos vies.

Aujourd’hui nous devons à nouveau lutter pour exprimer et faire entendre nos besoins et ceux de la population. Qu’à cela ne tienne, notre détermination n’en est que plus forte car nous savons que notre combat est juste et qu’il doit être mené !

En effet, le refinancement de la santé est vital pour l’ensemble de la population, nous le constatons chaque jour. Dans les maisons de repos, à domicile ou à l’hôpital, nous ne sommes plus à même de fournir des soins de qualité, pire, des patient·e·s meurent par manque de moyen et d’effectif. Nos conditions de travail pèsent sur notre santé mentale et physique et nos salaires peinent à nous faire vivre correctement.

Nous devons lutter ensemble, travailleur·euse·s et (futur·e·s) patient·e·s car nos destins sont liés. Nos vies sont en jeu. Ce jeu est celui de la maximisation des profits auquel se plaisent à jouer nos dirigeants.

Nous ne pouvons pas l’accepter, nous devons nous y opposer. Non au retour à l’anormal ! Nous réaffirmons donc notre détermination à nous rassembler ce dimanche à 14h ! Nous maintenons nos actions face à la répression.

Nous maintenons nos actions face à la répression.

Pour des raisons d’organisation et de capacité à assurer l’encadrement nécessaire, nous décidons de maintenir tous nos rassemblements à l’exception de celui de Namur. Nous appelons tou·te·s celles et ceux qui le peuvent à rejoindre les autres rassemblements prévus revendications et comment faire valoir nos droits. à Charleroi, Liège et Bruxelles.

Nous assurerons nous-mêmes notre sécurité sanitaire par le respect des gestes barrières élémentaires ainsi que le port obligatoire du masque.

Rappel des lieux de rassemblements :
A Bruxelles, dos au cabinet De Block et au ministère de la Santé (Boulevard du Jardin Botanique 50, 1000 Bruxelles)
A Charleroi, dos au ministère de la Finance (Rue Jean Monnet 14, 6000 Charleroi)
A Liège, Place Saint Lambert
A Namur, ANNULE

La santé en lutte
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