Idées pour faire face au Coronavirus

Série Covid-19 mise à jour (1/4) : Comment fonctionne le virus

4 mai par CADTM Belgique


Visuel insipré de « La gauche anticapitaliste »

Ce texte fait partie d’une série de quatre articles. Ceux-ci seront mis à jour suivant l’évolution de la situation. N’hésitez pas à nous envoyer vos éventuelles idées ou remarques à info(at)cadtm.org. Publication originale le 19 mars 2020. Dernière mise à jour : 04 mai.

Les autres articles de la série :

Les effets de la Covid-19 [1] illustrent à quel point le système économique actuel nous rend fragiles. Face aux basculements écologiques en cours, cette nouvelle pandémie mondiale [2] n’est qu’un avertissement. Un avertissement dont il faut nous saisir.

En parallèle de la pandémie (partie 1), une crise financière a démarré [3]. Les détenteurs de capitaux sont en train de négocier avec les gouvernements et les « corps intermédiaires » (dont les syndicats) pour maintenir au maximum les bénéfices qu’ils avaient prévus pour 2020 et, surtout, leur modèle économique. Les contradictions inhérentes au capitalisme sont en train de nous exploser à la figure et la manière dont nous allons réagir à cette expérience va être déterminante pour nos avenirs.

Nous aurions dû stopper la production non essentielle depuis la mi-mars et mettre en place une allocation de quarantaine, sous la forme d’une cotisation de crise.

Cet avenir et le présent que nous sommes en train de traverser ne sont pas vécus de la même manière par tout le monde. Les plus précaires travaillent, malgré le manque criant de moyens, pour permettre le confinement (voire la fuite temporaire) des autres. Nous aurions dû stopper la production non essentielle depuis la semaine dernière (mi-mars) et mettre en place une allocation de quarantaine, sous la forme d’une cotisation de crise (partie 2). Les oublié·e·s sont encore plus soumis·es à l’injonction de disparaître qu’en temps « normal ».

Heureusement, les solidarités et luttes en cours font toute la différence (partie 3), et elles vont déterminer à quoi ressemblera « l’après Coronavirus ». Cette expérience peut être utilisée par le pouvoir en place comme « stratégie du choc » (à l’image de ce que tente l’État français), mais elle est aussi une brèche qui pourrait chambouler nos rapports sociaux et nos rapports au reste du vivant (partie 4).

 Comment fonctionne la Covid-19 ?

Ce 11 mars, l’OMS a déclaré que la Covid-19 passait du stade d’épidémie à celui de pandémie.

Nous n’avons plus vécu cette situation de pandémie depuis une centaine d’années (grippe espagnole H1N1 qui a fait entre 50 et 100 millions de mort·e·s) ou plutôt nous ne nous en souvenons plus (grippe de Hong Kong H3N2 qui a fait +- 1 million de mort·e·s). La grippe H1N1 de 2009 (qui a fait de centaines de milliers de mort·e·s) était différente dans le sens où elle était moins contagieuse et où notre système immunitaire y était moins étranger. Il est donc correcte de dire que la situation revêt un caractère inédit, sans compter que les flux se sont encore accélérés et fragilisés depuis lors.

Nous connaissons encore mal le virus à ce jour, c’est pourquoi une partie des informations ci-dessous restent conjuguées au conditionnel et seront modifiées au fur et à mesure. Il ne s’agit pas non plus de livrer les dix commandements à suivre, mais bien de s’approprier le sujet et d’en produire nos analyses en tant que mouvements sociaux.

 Le but est de limiter la vitesse de la pandémie

D’une part, ce n’est pas forcément la létalité actuelle du virus qui est le plus à redouter mais ses autres conséquences. Premièrement, on ne connaît pas bien ses séquelles ni sa capacité à muter. Deuxièmement, c’est l’afflux de personnes à hospitaliser qui est le principal risque pour l’instant.. Si elles sont trop nombreuses, trop vite, les soins intensifs, postes de réanimation, assistances respiratoires seront saturés et cela empêchera de prendre en charge d’autres personnes (comme on l’a vu dans d’autres pays). Enfin, troisièmement, si trop de personnes tombent malades, cela peut paralyser involontairement de nombreuses activités, certaines qui ne sont pas essentielles mais aussi d’autres dont nous dépendons directement.

Philippe Devos (président du Syndicat belge des Médecins ABSYM et membre du personnel hospitalier du CHC Liège) dans l’émission Arrêt sur Images (13 mars)

 La Covid-19 a un taux de létalité moyen actuellement évalué à plus ou moins 7%

Soit moins que le SRAS 2003, le MRES 2012, et beaucoup moins que l’Ebola 2014. Ce taux [4] moyen était évalué à plus ou moins 5 % il y a un mois et 3,5 % il y a deux mois. Il varie fortement (de moins de 1 % à Singapour, à Hong-Kong ou en Islande ; 4% en Allemagne, au Portugal ou à Cuba ; 12 % en Espagne ou aux Pays-Bas ; 14 % en Italie ; 16 % en Belgique ou au Royaume-Uni) en fonction de la méthode de calcul [5], des mesures prises et du caractère solide ou fragile des services de santé – mais aussi de l’importance des foyers, des types de souche, des densités de population, des habitudes de vie, potentiellement des particules fines, etc. En Europe, il est pour l’instant évalué à 10 % en moyenne (contre 7,5 % il y a un mois et 4 % il y a deux mois).

En Europe, le taux de létalité est pour l’instant évalué à 10 % en moyenne (contre 4 % il y a deux mois).

À ce jour (04 mai – dernière mise à jour), les chiffres disponibles indiquent 250 000 personnes qui en sont mortes dans le monde (contre 50 000 il y a un mois), pour 3 500 000 personnes diagnostiquées (contre 100 000 il y a deux mois). Pour l’instant, en Belgique, sur 50 300 cas confirmés (contre 15 000 il y a un mois), 8 000 personnes sont mortes (contre 1 000 il y a un mois et 50 il y a deux mois), dont 4 200 dans les homes sacrifiés par les décisions gouvernementales. Ces chiffres de cas confirmés sont en deçà de la réalité puisque toutes les personnes atteintes ne sont pas diagnostiquées. Depuis le 15 mars, 12 400 patient·e·s sont sorti·e·s de l’hôpital.

Volontaire en maison de repos :
« Les conséquences des politiques de santé sont simples : les personnes âgées en maison de repos meurent seules et les soignants continuent de se battre en accumulant les traumatismes au fur et à mesure des jours qui passent. J’accuse les politiques belges d’avoir rendu possible, par leur mauvaise gestion de la santé ces dernières années, la situation de crise telle qu’elle est aujourd’hui. Je leur reproche aussi de ne pas reconnaître leur faute.  »

Le pic d’hospitalisations a été atteint le 7 avril en Belgique, puis nous avons enfin entamé le plateau – ce qui n’est pas le cas au niveau mondial. Les chiffres (de nouveaux cas détectés, d’hospitalisations et de décès) par jour ont enfin commencé à baisser la même semaine en Italie, en Espagne, en France, en Iran etc. En Chine, d’après les chiffres officiels, les nouveaux cas locaux détectés par jour seraient tombés à zéro le 19 mars et les nouveaux cas diagnostiqués seraient principalement « importés ». Ces chiffres encourageant n’excluent pas la possibilité de répliques, en fonction des contextes et des foyers. Plusieurs régions d’Asie ont d’ailleurs entamé des « reconfinements ». Début avril, les États-Unis ont pris le relais de l’épicentre avec une augmentation fulgurante (l’accélération a également continué d’augmenter en Russie, en Turquie, au Brésil, au Royaume-Uni et dans d’autres pays). Enfin, les motifs d’inquiétude sont immenses pour les pays appauvris où les systèmes de santé ont été détruits par, entre autres, les politiques d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
(voir partie 4). Au-delà des systèmes de santé, la manière dont le confinement est organisé dans des pays fortement inégalitaires (comme l’Afrique du Sud) provoque des pénuries de revenus et de services (eau, nourriture, …) dans les quartiers appauvris.

 Les personnes âgées et/ou fragilisées sont les publics les plus à risque

Hypertension, maladies cardio-vasculaires, pulmonaires, diabète, insuffisances rénales, asthme, tabac intensif, cancers, insuffisances immunitaires… Nous ne parlons pas en termes de contamination, pour laquelle tout le monde est concerné, mais en termes de plus faible résistance à la maladie (c’est principalement au-delà de 65 ans que les cas mortels sont représentés).

Les enfants sont donc peu à risque, mais contagieux. L’origine du virus (voir la partie 4 pour une lecture plus politique de cette « origine ») est très probablement zoonotique - c’est-à-dire transmise entre animal et humain - mais les animaux de compagnie ne sont en principe pas vecteurs (il y a certains cas, rares, de transmission de l’homme vers des chats ou des chiens mais en principe pas l’inverse). Donc : pour prendre soin de « son » animal, faire attention à son hygiène et ne pas oublier que – comme nous – ils peuvent véhiculer le virus sur eux (via des gouttelettes d’humain·e·s contaminé·e·s) sans l’avoir pour autant en eux. Le virus ne se communiquerait pas entre les femmes enceintes et leurs fœtus (mais ses conséquences peuvent bien sûr avoir un impact sur la grossesse). Une personne sur dix atteintes garderait des séquelles respiratoires et le virus pourrait impacter le cerveau, entre autres choses.

 Il serait un peu plus contagieux que la grippe saisonnière

Il est plus contagieux que le SRAS, le MRES et l’Ebola mais moins létal, donc.

Il est plus contagieux que le SRAS, le MRES et l’Ebola mais moins létal.

La contagiosité d’une personne atteinte durerait 20 jours en médiane (certains cas vont jusqu’à 40 jours), sans certitude.

Il se transmet par gouttelettes respiratoires (nez et bouche), contact physique (si des gouttelettes sont ensuite amenées au visage) et, indirectement, par le touché d’objets infectés (qui le resteraient, comme pour les autres coronavirus, entre plusieurs heures et trois jours en fonction du type de surface, de la température, de l’humidité ambiante, etc.). Lorsque nous positionnons les gouttelettes peuvent aller à 4m ou plus (elles sont d’autant plus grosses qu’on est plus proche évidemment). Concernant la contagion par aérosols, les connaissances restent imprécises mais le virus pourrait persister jusqu’à trois heures dans l’air (et pourrait profiter des particules fines pour faire plus de dégâts). Pour faire court : se laver les mains sert principalement à se protéger soi et porter un masque sert principalement à protéger les autres.

L’idéal – si on veut éviter d’être contaminé·e ou de contaminer d’autres personnes – est donc de ne pas se retrouver dans des endroits fermés avec d’autres personnes au-delà des proches avec qui on vit au jour le jour (et avec qui il est important de pouvoir s’accorder sur des comportements compatibles) ; de garder une distance d’un mètre et demi voire deux à l’extérieur, et dans les lieux inévitables (commerces alimentaires, hôpitaux…) ; de porter un masque fait maison (en avoir plusieurs, les laver à 60° ou plus et avec du savon, les retirer par les élastiques et donner nos masques antiparticules professionnels aux premières lignes) ; de se dire bonjour sans s’approcher ou avec les jambes tendues ; de s’échanger les objets en les déposant à distance, avec des gants non infectés si possible (attention que porter des gants peut donner une fausse impression de sécurité, alors qu’ils peuvent à leur tour être véhicules) ; de se laver (correctement) les mains régulièrement ; d’ouvrir les portes, de tenir les caddies, les chaises, d’appuyer sur les boutons d’ascenseurs, etc., avec des gants ou du tissu non infecté si possible - et en tout cas de nettoyer souvent ces surfaces communes (ainsi que les lunettes de wc, tables, poubelles) ; d’éviter de se toucher le visage avec les mains ; d’utiliser des mouchoirs à usage unique ; de ne pas tousser ou éternuer en direction d’autres personnes (voire d’objets) mais plutôt dans son coude ; de laisser ses chaussures et vestes à l’entrée ; si on se sent malade, d’appeler un·e médecin et de rester chez soi. Ne pas aller aux urgences ni en salle d’attente sans y avoir été convié·e.

Par contre, et comme de nombreux/euses médecins l’ont rappelé, il ne faut pas reporter des soins importants par peur d’engorger les hôpitaux ou d’attraper le virus (les services de prise en charge ne sont pas situés aux mêmes endroits). Il faut appeler les professionnels de la santé et leur demander leurs avis, quitte à prendre plusieurs avis (puisque l’Ordre des médecins à dû en rappeler à l’ordre qui refusaient de prodiguer des soins urgents). Sinon, cela signifie des souffrances – et des morts – supplémentaires pourtant évitables. De nombreuses pathologies (ou suivis, comme les dépistages) peuvent, par manque de soin, dégénérer et créer une deuxième crise sanitaire « collatérale ».

 Il faudrait entre 1 et 15 jours (5 en moyenne) pour que les symptômes se déclarent

C’est ce qu’on appelle la période d’incubation. La contagiosité commence avant cette déclaration de symptômes. Les symptômes les plus observés sur les personnes traitées sont fièvre, toux, fatigue, difficultés respiratoires (parfois rhume, maux, céphalées, conjonctivites, engelures, perte de goût ou diarrhée). La majorité des personnes atteintes guérit sans avoir besoin de traitement particulier. Une proportion importante (ce serait plus de 50%) des personnes malades sont asymptomatiques, ou « porteuses saines », c’est-à-dire qu’elles ne présentent pas de symptômes, et beaucoup d’autres présentent des symptômes légers. On ne sait pas encore à quel point les personnes qui ont été atteintes garderaient une immunité. Plus une maladie est contagieuse, plus la proportion des personnes immunisées doit être élevée pour stopper l’épidémie (dans le cas de la covid-19, ce serait plus de 60%), et en attendant on peut juste la ralentir pour nous donner le temps de « l’apprivoiser ».

Une proportion importante (ce serait plus de 50%) des personnes malades sont asymptomatiques.

Une des faiblesses de la Belgique est de faire peu de dépistages. Une « taskforce » a été mise en place en ce sens le 22 mars et la promesse avait été faite d’atteindre les 10 000 tests par jour (ce qui est peu). Dans les faits, ce chiffre n’a été atteint que quasiment un mois plus tard et nous venons seulement d’atteindre les 20 000 tests par jour selon la communication officielle. La capacité totale disponible a été sous-utilisée puisque le sinistre Philippe De Backer (Open VLD) a interdit aux laboratoires de faire des dépistages (au profit des seules firmes pharmaceutiques privées Biogazelle, GSK, J&J et UCB), mais également à cause de critères trop restrictifs et de cafouillages administratifs. Heureusement, certains de ces laboratoires ont désobéi. Une autre faiblesse (ou plutôt irresponsabilité) est le fait de ne pas protéger le personnel soignant avec suffisamment de matériel - alors que sa présence est non seulement cruciale, mais qu’en plus il est un vecteur important du virus de par sa sur-exposition. Le personnel asymptomatique n’est pas dépisté et n’a pas forcément accès à des masques puisqu’il n’y en a pas assez, le personnel symptomatique n’est pas écarté tant qu’il ne fait pas plus de 38°C de température. Il faudra s’en souvenir.

Une des faiblesses de la Belgique est de faire peu de dépistages.

Pour continuer dans les mauvaises réponses, aujourd’hui 4 mai, un « déconfinement » mal préparé et aux priorités inadmissibles (voir partie 3) commence. Les moyens des hôpitaux n’ont pas été sérieusement augmentés ; nous ne dépistons pas suffisamment ; les personnels de santé, dont certains sont morts du virus [6], sont pour bonne partie sur les rotules ; les lits en soins intensifs sont occupés à 50 % et non à 25 % comme l’exigeait le secteur de la santé ; une circulaire gouvernemental leur a été envoyée pour… qu’ils se préparent à une « deuxième vague » ; les masques ne sont pas disponibles où il le faut, et ce malgré les efforts de milliers de bénévoles qui se substituent au service public ; les 2 000 personnes nécessaires pour aider à suivre les personnes dépistées positives et leurs proches ne sont pas là ; les entreprises qui ne respectent pas les mesures sanitaires (c’est-à-dire l’écrasante majorité) ne sont pas fermées pour la plupart d’entre elles ; etc.

 Nous n’avons pour l’instant ni immunité, ni vaccin, ni médicament

Il ne faut pas prendre d’antibiotiques (qui n’agissent pas contre les virus mais contre les bactéries) ou d’anti-inflammatoires (qui affaiblissent l’organisme) sans avis d’un·e médecin. Les antidouleurs (exemple : paracétamol) ne posent pas de problème dans les conditions d’usage normales (de trop fortes doses sont nocives pour le foie, voire très dangereuses), ils ne guérissent bien sûr rien du tout mais peuvent soulager de certains maux. En préventif, on peut bien sûr renforcer son immunité (propolis, echinacea, acerola, extraits de pépin de pamplemousse, huiles essentielles de tea tree, ravintsara ou thym – pas pour les enfants, en petites quantités, pas sur une longue durée et pas n’importe comment puisqu’elles peuvent être toxiques – vitamines C et D, soleil, fruits, aération, exercice, diminuer le sucre…). Enfin, le stress et les angoisses diminuent l’immunité. Rire et vivre ensemble est une des meilleures manières de garder une bonne santé mentale et donc un bon système immunitaire, nous ne sommes pas des machines.

Le gouvernement a commencé à stocker de l’hydroxychloroquine, de la chloroquine, du curare et de la morphine pour les hôpitaux afin de traiter les patient·e·s (il y aurait actuellement 1 mois de stock, mais le personnel soignant ne l’entend pas de la même oreille). Les recherches concernant ces médications [7], les réactions immunitaires ainsi qu’un vaccin sont toujours en cours. Cette recherche est ralentie et peu solidaire à cause du marché capitaliste dans lequel nous sommes coincé·e·s (voir partie 3).

Nous devrons vivre avec lui et très probablement d’autres virus dans le futur.

Comme d’autres coronavirus, il est possible qu’il ait une évolution saisonnière et donc que le printemps le fasse ralentir, mais rien n’est moins sûr pour l’instant. Concernant l’immunité collective (qui doit être d’au moins 60 %), elle serait actuellement de moins de 5 % en Europe et de 4,3 % en Belgique. Ce qui signifie que si on ne se donne pas les moyens de faire attention aux nouveaux foyers, un deuxième pic se produira. De plus, comme la grippe, il peut muter. Il peut disparaître en apparences puis revenir. Nous devrons vivre avec lui et très probablement d’autres virus dans le futur, d’où l’extrême nécessité de tirer des leçons de cette situation lors de l’accalmie à venir, plutôt que de se boucher le nez et d’accepter un illusoire « retour à la normale » dans une société profondément fragilisée par le capitalisme.

Chili

Sources :




Notes

[1Covi = corona virus, d = disease et 19 = 2019. Corona = couronne de petites protéines pointues. Grâce à ses piques, le virus s’accroche aux membranes cellulaires des voies respiratoires et parvient parfois à pénétrer dans la cellule humaine (en brisant une protéine, ACE2, produite par ces membranes) pour y libérer son matériel génétique.

[2Épidémie = propagation d’une maladie infectieuse à un grand nombre de personnes ; Pandémie = propagation qui s’étend à toute la population ; Pandémie mondiale = qui s’étend à tous les continents.

[4Le taux de létalité se rapporte au nombre de cas infectés, tandis que le taux de mortalité se rapporte à toute la population

[5La Belgique est un des rares pays qui comptabilisent les cas suspectés et pas uniquement les cas prouvés, ce qui donne des chiffres comparativement plus élevés mais aussi plus proches de la réalité. L’analyse de la surmortalité permet de trancher : en Belgique, il y a eu une augmentation de 80 % des décès entre avril 2019 et avril 2020.

[6Le gouvernement méprise à ce point les personnels de santé qu’il ne fait même pas le décompte des mort·e·s du coronavirus. C’est donc un des rares médias d’investigation belges, Médor, qui s’en charge. De manière plus générale, les professions ne sont pas encodées lors des déclarations de décès covid-19, or cela permettrait de juger les discriminations à l’œuvre dans la gestion catastrophique de cette pandémie.

[7Citons également le remdesivir (qui est encore sous brevet et toujours pas dans le domaine public), le favipiravir, le lopinavir associé au ritonavir, la pirfénidone, le tocilizumab etc.

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