Mémoire de Fin d’Etudes-Université Libre de Bruxelles Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire

Portée et faisabilité de l’estimation de la dette écologique. Deux échelles d’analyses, du national au local.

7 juin 2010 par Stefan Reinhold


Le présent mémoire traite de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
écologique et de ses diverses
échelles d’estimation. Le sujet s’inspire d’un projet Européen de coopération
entre des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des instituts de
recherches. Ce projet souhaite fournir des outils d’économie écologique aux
ONG en se basant sur des études de cas. L’étude de cas ici retenue concerne
l’ouverture prochaine d’une mine à ciel ouvert dans la cordillère du Condor, au
Sud-est de l’Equateur.

La problématique traite de la relation entre ce projet minier et la contraction à
l’échelle nationale d’une dette écologique Dette écologique La dette écologique est la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation.

La dette écologique trouve son origine à l’époque coloniale et n’a cessé d’augmenter à travers diverses activités :


- La « dette du carbone ». C’est la dette accumulée en raison de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz de certains pays industriels, avec, à la clé, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre.

- La « biopiraterie ». C’est l’appropriation intellectuelle des connaissances ancestrales sur les semences et sur l’utilisation des plantes médicinales et d’autres végétaux par l’agro-industrie moderne et les laboratoires des pays industrialisés qui, comble de l’usurpation, perçoivent des royalties sur ces connaissances.

- Les « passifs environnementaux ». C’est la dette due au titre de l’exploitation sous-rémunérée des ressources naturelles, grevant de surcroît les possibilités de développement des peuples lésés : pétrole, minéraux, ressources forestières, marines et génétiques.

- L’exportation vers les pays les plus pauvres de produits dangereux fabriqués dans les pays industriels.

Dette écologique et dette extérieure sont indissociables. L’obligation de payer la dette extérieure et ses intérêts impose aux pays débiteurs de réaliser un excédent monétaire. Cet excédent provient pour une part d’une amélioration effective de la productivité et, pour une autre part, de l’appauvrissement des populations de ces pays et de l’abus de la nature. La détérioration des termes de l’échange accentue le processus : les pays les plus endettés exportent de plus en plus pour obtenir les mêmes maigres recettes tout en aggravant mécaniquement la pression sur les ressources naturelles.
par les pays tiers. Pour cela, nous
avons divisé notre travail en trois parties. Nous analyserons tout d’abord
l’historique de l’exploitation des ressources naturelles en Amérique Latine
depuis la colonisation jusqu’à nos jours. Nous verrons que depuis la découverte
du « nouveau monde », ce continent est l’objet de nombreuses convoitises
pour sa richesse en diverses ressources naturelles. Aujourd’hui, grâce à des
mécanismes de pressions financières, l’exploitation continue et engendre de
graves impacts environnementaux.

Une seconde partie sur l’économie écologique va nous fournir quelques clés de
lecture intéressantes afin de comprendre comment l’économie est imbriquée
dans le plus large système planétaire. Nous verrons ensuite que l’Analyse des
Flux de Matières semble être l’outil le plus prometteur à ce jour afin d’estimer
une dette écologique. En effet, cet outil rend possible la comparaison entre les
flux monétaires et les flux physiques. A partir de là, nous pourrons donc faire
une analyse des relations complexes qui existent entre dette extérieure et
dette écologique.

Ce n’est qu’après ces deux étapes que nous verrons quels outils d’économie
écologique prendre en compte afin d’estimer la dette écologique à l’échelle de
l’Equateur. Pour cela, nous analyserons donc la structure économique
Equatorienne ainsi que les flux de matière que cela engendre. Cependant,
d’autres éléments sont également à prendre en compte, comme la dette du
carbone ou l’utilisation abusive de fonctions environnementales.
Enfin, à l’échelle du projet de mine à ciel ouvert, nous verrons les impacts que
l’exploitation risque d’engendrer. Dés lors, nous allons fournir quelques
éléments d’économie écologique afin d’estimer ces impacts.




Stefan Reinhold

Master en Sciences et Gestion de l’Environnement-Université Libre de Bruxelles
Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire
Faculté des Sciences