[Note] Pour la justice climatique, annulons les dettes

5 juillet par Attac France


Les pays souffrant davantage des impacts des dérèglements climatiques sont le plus souvent ceux qui ont historiquement peu contribué aux émissions de gaz à effet de serre. Mais ce sont ces pays qui sont les plus endettés, et doivent s’endetter encore davantage pour financer les politiques d’atténuation et d’adaptation aux dérèglements climatiques. Pire, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
augmente suite aux événements climatiques extrêmes, du fait des dommages causés, et les conséquences des dérèglements climatiques se renforcent puisque la dette empêche ces pays de mener des politiques d’adaptation.

Par ailleurs, les politiques d’aide aux pays du Sud sont largement insuffisantes. Alors que le coût des destructions liées au chaos climatique est estimé à 500 milliards d’euros par an d’ici 2030 pour ces pays, l’engagement pris en 2009 de fournir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 n’est même pas tenu, et les dernières négociations internationales (COP26 à Glasgow) n’ont fait que reculer cet objectif à 2023. Les pays les plus vulnérables à l’urgence climatique se voient proposer essentiellement de nouveaux prêts et des modalités de gestion de leur dette qui ne font qu’accentuer les problèmes. Pourtant, une mesure évidente est défendue par les mouvements populaires au Nord comme au Sud : l’annulation des dettes des pays pauvres et la reconnaissance de la dette écologique Dette écologique La dette écologique est la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation.

La dette écologique trouve son origine à l’époque coloniale et n’a cessé d’augmenter à travers diverses activités :


- La « dette du carbone ». C’est la dette accumulée en raison de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz de certains pays industriels, avec, à la clé, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre.

- La « biopiraterie ». C’est l’appropriation intellectuelle des connaissances ancestrales sur les semences et sur l’utilisation des plantes médicinales et d’autres végétaux par l’agro-industrie moderne et les laboratoires des pays industrialisés qui, comble de l’usurpation, perçoivent des royalties sur ces connaissances.

- Les « passifs environnementaux ». C’est la dette due au titre de l’exploitation sous-rémunérée des ressources naturelles, grevant de surcroît les possibilités de développement des peuples lésés : pétrole, minéraux, ressources forestières, marines et génétiques.

- L’exportation vers les pays les plus pauvres de produits dangereux fabriqués dans les pays industriels.

Dette écologique et dette extérieure sont indissociables. L’obligation de payer la dette extérieure et ses intérêts impose aux pays débiteurs de réaliser un excédent monétaire. Cet excédent provient pour une part d’une amélioration effective de la productivité et, pour une autre part, de l’appauvrissement des populations de ces pays et de l’abus de la nature. La détérioration des termes de l’échange accentue le processus : les pays les plus endettés exportent de plus en plus pour obtenir les mêmes maigres recettes tout en aggravant mécaniquement la pression sur les ressources naturelles.
du Nord envers le Sud.

Le G7 G7 Groupe informel réunissant : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon. Leurs chefs d’État se réunissent chaque année généralement fin juin, début juillet. Le G7 s’est réuni la première fois en 1975 à l’initiative du président français, Valéry Giscard d’Estaing. (groupe de sept des pays les plus riches) qui se réunit en Allemagne fin juin ne portera pas ces exigences. Pour libérer les peuples du fardeau de la dette, pour financer les politiques de bifurcation écologique, pour la justice climatique du Nord au Sud, nous organisons des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
partout dans le monde, et à Paris le 27 juin. Rejoignez-nous !

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Source : Attac France

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