Manifeste pour les libertés civiles

19 février par Por las libertades civiles

En faveur des droits civiques en Espagne et en Europe. En faveur de la liberté sans charge des marionnettistes.

L’Europe est en marche vers sa décadence. Le continent qui voulut émerger de l’après-guerre comme phare de la garantie des droits et libertés civiques est en train de s’effondrer avec la banalisation de la barbarie (cas des réfugiés) et en une façon de gouverner de plus en plus autoritaire. Elle a choisi, face à la crise la plus sévère de sa récente histoire, la pire des options possibles, en adoptant des mesures que nous croyons oubliées à jamais.

En économie, l’austérité ne nous a pas conduits à la récupération promise de la croissance. Bien au contraire, nous envisageons une longue période de stagnation, d’inégalités grandissantes et de concentration de richesse en peu de mains. De plus, et face à une indignation en hausse, beaucoup de pays ont adopté des politiques de répression sans complexes. Nous observons une réduction de la tolérance institutionnelle contre les protestes et manifestations, le recours à la figure de ‘l’ennemi interne’ et la centralité de la ‘guerre contre la terreur’ comme substitution du principe légitime au droit à la sécurité. Un exemple de cette tendance est le traitement des populations africaines et du Proche Orient, qui fuient de conflits entretenus avec une forte responsabilité de l’UE.

Car même la France, autrefois guide formidable de la conquête des libertés et droits de l’homme, est devenue un laboratoire d’un nouveau modèle dirigé à limiter les libertés civiques. Face à l’avancée de l’extrême droite et des attentats islamiques, un gouvernement sociodémocrate est rentré dans le jeu sécuritaire et l’Etat d’Urgence. En
Belgique, la situation est à peu près la même, et il ne manque pas d’exemples de gouvernements radicaux à ce sujet en Europe de l’Est, comme la Pologne.

L’Espagne n’a pas été épargnée de cette sinistre tendance à la restriction de droits. Même si les libertés civiques furent la partie la plus reconnue et développée dans le Chapitre Deux de notre Constitution de 1978, la succession de changements du Code Pénal et l’utilisation politique de la Justice ont dérivé en une interprétation de plus en plus restrictive des libertés fondamentales. Nous l’avons vu ainsi ces jours ci avec la déclaration à l’Audience Nationale de deux marionnettistes par le simple fait d’avoir joué un œuvre de fiction dansla rue. Aussi bien, nous assistons récemment au procès politique des ‘8 de Airbus’ contre le droit de grève. Il s’agit simplement de deux cas qui s’ajoutent à la création de la ‘Loi Bâillon’, qui permet, par exemple, les registres préventifs, le blindage de l’autorité policière face à la parole des jugés, et généralise des procès-verbaux pour des faits typifies de façon peu claire, ce qui rend possible des décisions discrétionnaires ou arbitraires.

Nous sommes conscients que, sans droits civiques, les fondements mêmes de la démocratie sont en cause. Nous sommes préoccupés face à la rapide involution vers l’autoritarisme dans beaucoup de pays de l’Union.

Nous les soussignés exigeons à nos représentants politiques en Europe qu’ils travaillent pour la reconnaissance et ampliation du droit d’asile, et pour l’établissement à l’échelle continentale d’une Charte qui blinde les droits civiques. Également, et en relation a la législation et l’organisation institutionnelle en Espagne, nous exigeons :

- L’inviolabilité effective des droits de liberté d’expression, manifestation, association et réunion. Ceci implique la dérogation complète de la Loi Bâillon ainsi que toutes les formes de répression bureaucratique qui ne constituent pas de faits clairement identifiés comme sanction.

- La garantie complète au droit de grève, ce qui suppose la dérogation de l’article 315.3 du Code Pénal, connu comme le ‘délit
de coaction à la grève’ qui a été utilisé contre les mobilisations de travailleurs.

- L’indépendance effective de la Justice face aux intérêts économiques et politiques, et la garantie pleine de l’accès a la Justice. Dans ce chapitre, réforme ou annulation complète de l’Audience Nationale, qui actuellement agit comme un Tribunal d’Exception.


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