Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
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Madagascar

Madagascar

2002 par Damien Millet

Histoire politique

Madagascar est une île de l’Océan Indien au large du Mozambique, au Sud-Est de l’Afrique. C’est la quatrième île du monde par sa superficie : 587 000 km².

Après avoir été relativement préservée par le temps, mais si intéressante par sa position stratégique sur la route des Indes, elle devient une colonie française en 1896. Gallieni en devient Gouverneur Général pour près de 9 ans et son rôle dans le devenir de l’île y est primordial.

En 1947, un soulèvement nationaliste est sévèrement réprimé par l’armée française, ce qui provoque la mort de plus de 80 000 personnes. Néanmoins, le chemin vers l’autonomie est commencé.

Il s’achève le 26 juin 1960, par la proclamation de l’indépendance. Le premier président est le social-démocrate Philibert Tsiranana. Il quitte le pouvoir 12 ans plus tard après une révolte estudiantine ; les problèmes de l’île n’ont pas été résolus.

En 1975, après trois années d’instabilité, le capitaine de frégate Didier Ratsiraka accède au pouvoir et entame une politique de rapprochement avec le Bloc communiste.

Après d’importantes difficultés économiques, en 1993, Albert Zafy est élu président et la troisième République est proclamée. Mais en 1996, il est destitué pour violation de la Constitution et en 1997, Didier Ratsiraka est de nouveau élu, d’extrême justesse, à la tête de l’Etat malgache, et en 1998, il nomme Tantely Andrianarivo comme Premier Ministre et Ministre des Finances.

En décembre 2001, l’élection présidentielle fut très contestée. Au premier tour, les partisans de Marc Ravalomanana, jeune maire d’Antananarivo, dénoncèrent la fraude massive par l’équipe de Didier Ratsiraka, privant leur poulain de la victoire officielle au premier tour. Les résultats officiels créditèrent Ravalomanana de 46% des voix et le président sortant de 40%, ce qui implique un second tour à venir dans quelques semaines. Mais l’attente favorise manifestations et émeutes, avec répression du pouvoir en place qui s’accroche, entraînant quelques dizaines de morts et blessés.

Situation socio-économique

1. Indicateurs démographiques

La population de Madagascar est de 15,1 millions de personnes en 1999, soit une densité de 26 habitants par km². L’espérance de vie à la naissance s’élève à 54 ans environ, chiffre assez faible dans l’absolu, mais elle n’est que de 50 ans pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.

La croissance de la population est de l’ordre de 3% par an, malgré une mortalité infantile plutôt élevée : 90 pour 1000 naissances. La mortalité des enfants de moins de 5 ans s’élève à 149 pour 1000.

Les villes principales sont Antananarivo, la capitale, avec 800 000 habitants environ, puis Toamasina (145 000 hab), Fianarantsoa (125 000 hab), Mahajanga (122 000 hab), Antsirabé (99 000), Toliary (ex-Tuléar, 61 000), Antseranana (ex-Diégo-Suarez, 55 000).

Le Nord et l’Est de l’île sont très humides, alors que le Sud est semi-désertique.

2. Indicateurs économiques

- Ressources minières

Les principales ressources du sous-sol sont la bauxite, le nickel, le chrome, le graphite, le fer, le charbon, le pétrole et le cuivre. Mais les revenus qu’elles procurent représentent bien peu.

- Agriculture

Quel cruel dilemme que le choix entre l’autosuffisance alimentaire et les revenus d’exportations... Une grande partie de la production est naturellement destinée à assurer les besoins nutritionnels de la population malgache : manioc, riz, patates douces, bananes, maïs, pommes de terre, haricots... Mais pour pouvoir rembourser sa dette, Madagascar est obligée d’exporter une partie croissante de sa production agricole : riz, café, vanille, clous de girofle, canne à sucre, tabac... Madagascar est le premier producteur mondial de vanille, malgré la concurrence de la vanille de synthèse. Le cas du riz vaut d’être signalé : exportation de riz de luxe (dont la culture couvre plus de la moitié des terres cultivées), et importation de riz de qualité médiocre...

L’agriculture (au sens large avec la pêche et la forêt) est un domaine essentiel de l’économie malgache, représentant 30% du PIB PIB Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. . On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre. en 1999, employant plus de 75% de la population active, et fournissant plus de 70% des revenus d’exportations.

- Industrie

Le secteur industriel est représenté par les industries liées à l’alimentation (sucre, viande), mais aussi le raffinage du pétrole, l’industrie automobile et la confection (depuis la création de zones franches en 1990).

- Importations/exportations de biens et de services

Les exportations rapportent environ 940 millions US$ par an, notamment grâce au café (30%, malgré la chute des cours, alors que ce taux était de 77% en 1989) et à la vanille, en direction de la France (40%), des Etats-Unis (9%), de l’Allemagne (8%), du Japon (6%) et du Royaume-Uni (6%).

Les importations coûtent environ 1238 millions US$ par an, principalement les produits miniers, les machines-outils, les véhicules, les produits chimiques... en provenance de France (39%), mais aussi de Hong-Kong, du Japon, de la Chine et Singapour. La France est donc un partenaire privilégié pour Madagascar.

La balance commerciale est donc déficitaire, de l’ordre de 8% du PIB.

Malheureusement, comme partout ailleurs, le prix des matières premières exportées diminue de façon importante : si 100 désigne le prix moyen d’exportation des biens et services en 1995, il n’est plus que de 89 en 1999... Il faut donc toujours exporter plus, dans des conditions toujours plus défavorables, pour le plus grand profit des firmes multinationales du Nord.

3. Indicateurs du développement

- PIB et budget

En 1999, le PIB de Madagascar est de 3,7 milliards US$, et le revenu par habitant de 250 US$. Ce montant est particulièrement faible, car il représente la moitié du revenu moyen par habitant en Afrique subsaharienne. La croissance s’élève à 4,7% en 1999, contre 3,9% en 1998.

Mais indice aggravant, alors que le PIB moyen par habitant de l’Afrique subsaharienne décroît de manière sensible (de 0,4% en moyenne depuis 1990), celui de Madagascar décroît davantage encore (de 1,5% depuis 1990 en moyenne).

Les revenus du gouvernement représentent en 1999 un taux de 11,4% du PIB, contre 10,6% en 1998, augmentation due à un élargissement de la base de la TVA. En gros, les pauvres ont encore mis la main à la poche... Environ 70% des Malgaches vivent sous le seuil de pauvreté national, chiffre multiplié par 2 en 30 ans.

En 2000, les trois cyclones qui s’abattirent sur l’île provoquèrent des morts, et des dégâts pour les infrastructures et les récoltes. Ces dégâts sont estimés à 137 millions US$, soit 4% du PIB. Le coût des réparations en 2000 fut de 30 millions US$, freinant la croissance de 0,5% environ.

- Développement humain

Selon le classement du PNUD pour l’indicateur du développement humain 2001, Madagascar se classe à la 135e place sur 162 pays étudiés. Les indicateurs sociaux permettent à la Grande Ile de gagner 16 places par rapport au classement du PIB par habitant.

Nourriture

Les problèmes de malnutrition sont chroniques : elle touche 48% des enfants de moins de 5 ans, contre 32% pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Elle touche aussi 41% des femmes enceintes ou qui allaitent un enfant. Il est terrible de remarquer que l’apport calorique journalier par habitant a nettement diminué : de 2424 en 1970 à 2021 en 1997, pour atteindre un des taux les plus bas du monde. Pourtant, 70% des dépenses des ménages sont réservées à l’alimentation.

Education et santé

Taux de scolarisation primaire : 70%

Nombre moyen d’élèves par enseignant dans le primaire : 46

Taux d’analphabétisme des personnes âgées de plus de 15 ans : 34%

Taux des ménages ayant accès à l’eau potable : 23%

Taux de malgaches ayant accès à des latrines : 50%

Taux des foyers ayant accès à l’électricité : 13%

Taux des foyers vivant dans une pièce unique (abritant en moyenne 6 personnes) : 53%

Taux des femmes mariées ayant accès à la contraception : 5 %.
Taux de vaccination des enfants à l’âge de 1 an : 32%

Taux de consultation d’un médecin en cas de maladie : 46%

Prix d’une consultation médicale pour les ménages les plus pauvres : 5% du revenu annuel

En 1996, le salaire minimum était de 150FF par mois, alors qu’un exemplaire de Germinal d’Emile Zola coûtait 100FF...

- Environnement

Madagascar possède une faune et une flore uniques, longtemps préservées par le temps. Malheureusement, notamment pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette, les forêts ont été destinées à l’exploitation et à l’exportation. La déforestation est devenu un problème écologique majeur pour la Grande Ile, accompagnée d’une érosion importante.

4. Indicateurs de la dette

A la fin de 1999, la dette extérieure de Madagascar s’élève à 4,41 milliards US$, alors qu’elle n’était que de 0,8 milliard US$ en 1979, 3,5 milliards US$ en 1989 et 4,0 milliards US$ en 1994. Elle est constituée de créances Créances CRÉANCES : Somme d’argent qu’une personne (le créancier) a le droit d’exiger d’une autre personne (le débiteur). à long terme à 93%.

Ce stock de la dette correspond à 120% du PIB et 455% des exportations de biens et services, et il est constitué de créances bilatérales (59%) et multilatérales (41%, surtout l’AID, un des constituants de la Banque Mondiale BM
Banque mondiale
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

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). Les banques privées y jouent un rôle mineur, estimant sans doute que Madagascar n’offre pas suffisamment de garanties Garanties Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome). solides pour les remboursements. Plus précisément, sur les 2,5 milliards US$ de créances bilatérales, le club de Paris en détient 2 milliards, les 0,5 restant étant détenus essentiellement par la Libye, l’Irak, l’Algérie et la Chine.

En 1999, Madagascar a remboursé 166 millions US$ au titre de service de la dette, dont 25 à l’AID. Ce montant représente 4,5% du PNB, à comparer aux taux de 1,9% consacré à l’enseignement et 1,1% consacré à la santé... Il représente aussi 16,3% du total des exportations de 1999.

5. Historique dans les Institutions Financières Internationales

Dès le début des années 80, le FMI FMI Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 187 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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préconise des mesures de redressement. Madagascar " bénéficie " de Facilités d’Ajustement Structurel (FAS) en 1987 et 1988, puis de Facilités d’Ajustement Structurel Renforcées (FASR) en 1989 et 1990, entraînant la libéralisation du commerce et des prix, et la restructuration du service public. En résumé, on prête de l’argent aux malgaches à l’unique condition de faire une politique libérale. Les effets ne se font pas attendre : de la mi-1991 à 1993, le pays est confronté à une grève générale et à une forte instabilité politique, car la population ne se laisse pas faire.

En 1993, le président Zafy arrive au pouvoir et une Constitution adoptant le multipartisme est adoptée, mais le nouveau gouvernement assure la continuité économique : libéralisation et privatisations.

En 1994-1995, toutes ces mesures libérales n’ont toujours pas produit d’effets positifs notables, et le pouvoir doit dévaluer de manière sévère, ce qui entraîne une hausse des prix conséquente et une détérioration importante des services sociaux (santé, éducation...).

Depuis 1996, le pays est lancé dans des réformes majeures, liées à cette politique de rigueur. En novembre 1996, il a bénéficié d’une nouvelle FASR de 3 ans et d’un Crédit d’ajustement structurel de l’AID. Les résultats escomptés furent atteints en 1997, avec un début de désengagement public et des améliorations dans l’administration fiscale. Mais en 1998, un référendum pour une nouvelle constitution et des élections entraînèrent une activité politique intense et le gouvernement dut lâcher du lest : les prévisions ne furent pas atteintes.

En juillet 1999, un second arrangement au titre de la FRPC (Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour le Croissance, héritière de la FAS) est signé. En échange, le gouvernement procède à d’importantes réformes structurelles, comme la privatisation de la seconde banque publique du pays (une banque agricole), ainsi qu’à la libéralisation des secteurs des télécoms, de la pêche et des ressources minières. La compagnie pétrolière publique (Solima) fut privatisée après quelques difficultés, en juin 2000 seulement. Conséquence immédiate : comme le pays appliquait gentiment la politique qu’on entendait lui imposer, il méritait une nouvelle bouffée d’oxygène financière. Dès juillet 2000, la première tranche d’un nouveau crédit d’ajustement structurel de l’AID fut débloquée.

Pour 2001, sont prévues celles de la compagnie aérienne, Air Madagascar, de Telma (Télécoms), de Sirama (sucre), de Hasyma (coton), de Secren (chantier naval), de Somacodis (distribution de détail). On ne change pas une équipe qui gagne...

6. Position actuelle dans les Institutions Financières Internationales

- Au FMI

Madagascar détient 122,2 millions de DTS (Droits de Tirage Spéciaux, approximativement la monnaie du FMI), soit 0,06% du total des DTS. Il compte aussi 1472 droits de votes, soit 0,07% du nombre total.

- Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés)

Le 22 Décembre 2000, la Banque Mondiale et le FMI ont annoncé que Madagascar a atteint le point de décision au titre de l’initiative PPTE renforcée. Cela signifie qu’une réduction de la dette sera possible dès que Madagascar aura atteint le point d’achèvement, soit vers la mi-2002 environ, après une période d’observation et de contrôle étroit.

Alors que le service de la dette accapare environ 25% des revenus du pays actuellement, les prévisions indiquent 10% en 2004 et 6% en moyenne de 2010 à 2019. La réduction du service de la dette devrait être de l’ordre de 62 millions US$ par an de 2001 à 2019.

Cet allégement a été décidé car malgré des prévisions optimistes, la dette va rester insoutenable. Même en prévoyant une croissance de 6%, une hausse des importations de 6% et des exportations de 6,5%, le ratio dette/exportations serait supérieur à 150% en 2009. L’allégement est donc destiné à le ramener à 150%, mais pas en deçà non plus... Il est remarquable de constater que pour les exportations de produits traditionnels (café, vanille, clous de girofle), les chiffres annoncent une hausse de 6%, alors qu’elles ont baissé en 2000 et 2001 à cause des cyclones. L’optimisme est parfois touchant...

Les projections du FMI montrent qu’après l’allégement associé à l’initiative PPTE, le service de la dette va stopper sa hausse momentanément seulement : on prévoit des remboursements de 90,7 millions US$ pour 2000, 69,2 pour 2001, 51,4 pour 2002, 65,8 pour 2003, 85.9 pour 2006, 108,3 pour 2009, et une moyenne pour 2010-2019 de 148,3 millions US$. Le problème de la dette de Madagascar ne sera pas réglé par l’initiative PPTE, c’est clair.

- Lettre d’intention et FRPC

Régulièrement, chaque Etat doit établir des rapports analysant la situation économique et traçant des perspectives pour l’avenir. Dans un sens ultralibéral, bien évidemment. Les prêts et rééchelonnements divers ne sont accordés qu’à condition que ces rapports aillent dans le " bon " sens, complétés par des visites des pays par les gentlemen de la Banque Mondiale ou du FMI, pour s’en assurer directement. Les Etats créanciers, regroupés au sein du Club de Paris, n’accordent quelques allégements exclusivement à cette condition également.

Le 9 Février 2001, le Premier Ministre a transmis au FMI la Lettre d’Intention du gouvernement malgache. Elle présente son programme pour les trois ans à venir. Pour être clair, disons que les Institutions Financières Internationales ont l’habileté de faire signer par les autorités en place la liste de leurs propres revendications. Pour mieux expliquer le cas échéant qu’elles n’ont fait qu’entériner les choix des autochtones... Cette lettre d’intention s’inscrit dans la continuité de la politique menée depuis 1997, favorisant la stabilisation macroéconomique et la croissance. Constatant que si l’on compare les périodes 1993-1996 et 1997-2000, la croissance a été multipliée par 3 et l’inflation divisée par 3, le Premier Ministre demande une nouvelle FRPC, d’un montant de 103 millions US$ (soit 65% de sa quote-part au FMI) pour équilibrer la balance des paiements.

Elle a été accordée par le FMI le 1er Mars 2001, pour la période 2001-2003. Cette somme est prélevée sur la part que chaque pays du Sud peut emprunter au FMI sous certaines conditions chaque année. Les objectifs affirmés sont : une croissance de l’ordre de 6%, une limitation du déficit des comptes courants à 7% du PIB, une réduction de l’inflation à moins de 5%, et des réserves de la banque centrale correspondant à 4 mois d’importations. Pour cela, le pays compte augmenter les recettes en renforçant les moyens humains et techniques des administrations douanière et fiscale, et surveiller les dépenses, avec la réforme de la Fonction Publique, la poursuite des privatisations, la levée progressive des barrières douanières, la création d’un marché des changes en continu, la décentralisation et l’autonomie des provinces.

La libéralisation du commerce sera renforcée, phrase ambiguë qui cache des décisions importantes : actuellement le taux maximum d’imposition des importations est de 30%. Ce taux sera ramené à 25% en 2001 pour 75% des produits, avant que le taux de 30% soit supprimé en 2002. D’autre part, en 2001, 0,7% du PIB sera consacré à des subventions pour baisser le prix des produits pétroliers, mais l’Etat s’est engagé à les supprimer à la fin 2001. Ces produits vont donc devenir bien souvent inabordables pour les pauvres de ce pays.

Pourtant, les prévisions sont optimistes : alors que le PIB par tête est passé de 291$ en 1996 à 255$ en 1999, les rapports tablent sur une progression à 268 en 2001, puis 305 en 2002 et 326 en 2003 !

- Club de Paris

Le 7 Mars 2001, le Premier Ministre a comparu devant le club de Paris (groupe des Etats riches créanciers), qui possède une créance de 2 milliards US$ envers Madagascar. Les principaux pays créanciers sont la Russie (544 millions US$), la France (462 millions) et le Japon (364 millions). Les montants traités portaient sur 254 millions US$, correspondant aux échéances du 1er Décembre 2000 au 29 Février 2004. Sur cette somme, 161 millions US$ ont été annulés et 93 rééchelonnés. Les conditions sont celles dites de Cologne. Il s’agit ici d’un rééchelonnement des créances d’Aide Publique au Développement (APD APD On appelle aide publique au développement les dons ou les prêts consentis à des conditions financières privilégiées accordés par des organismes publics de pays industrialisés. Il suffit donc qu’un prêt soit consenti à un taux inférieur à celui du marché (prêt concessionnel) pour qu’il soit considéré comme une aide, même s’il est ensuite remboursé jusqu’au dernier centime par le pays bénéficiaire. Les prêts bilatéraux liés (qui obligent le pays bénéficiaire à acheter des produits ou des services au pays prêteur) et les annulations de dette font aussi partie de l’APD.

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) sur 40 années dont 16 de grâce, et les autres échéances seront réduites de 90% en prenant en compte les réductions déjà mises en œuvre par le Club de Paris, le reste étant rééchelonné sur 23 années dont 6 de grâce. La date butoir est le 1er Juillet 1983, les crédits postérieurs à cette date ne pouvant pas faire l’objet d’un rééchelonnement. Il s’agissait du neuvième rééchelonnement opéré par le club de Paris.

7. Conclusion

En somme, depuis 1996, Madagascar est un Etat très pauvre et très endetté qui suit une politique modèle, au sens des Institutions Financières Internationales. Elle passe avec succès les différentes étapes qu’elles lui imposent, mais les problèmes de dette et de pauvreté ne se résolvent pas le moins du monde...

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