communiqué de presse

Le collectif Mémoires Coloniales boycotte les festivités du cinquantenaire de l’indépendance du Congo et appelle à la mémoire de Patrice Lumumba

30 juin 2010 par Collectif Mémoires coloniales


Mardi 22 juin à Bruxelles, au nom de François Lumumba (fils aîné de Patrice Lumumba), un membre de sa famille annonçait, devant un parterre de journalistes, de Congolais-es et d’associations dont le CADTM, le dépôt en octobre prochain d’une plainte visant douze Belges suspectés d’avoir participé à l’enlèvement, la torture et l’assassinat en 1961 de leur père, Patrice Lumumba.

Quarante neuf ans après son assassinat, Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance et premier ministre du Congo indépendant rayonne dans la mémoire des peuples de par le monde. En Belgique sa mémoire, sa pensée ainsi que son action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
furent et sont délibérément brouillés. Son absence sur la scène publique dans un pays où le passé de l’empire colonial belge ne cesse d’être célébré suscite une interpellation légitime.
C’est pourquoi le Collectif Mémoires coloniales a refusé de participer aux « festivités » et soutient aujourd’hui le procès « Lumumba » en Belgique qui contribuera à la vérité et à la justice sur cette affaire, ainsi qu’une relecture plus globale de l’histoire coloniale.

Alors que la Belgique et le Congo s’apprêtent à commémorer le jubilé de la proclamation de l’indépendance du Congo il sied de rappeler le courage, la dignité et la vision de Patrice Lumumba comme gages d’une indépendance dont son peuple poursuit encore la quête douloureuse.
Face à l’égoïsme, à la corruption, à l’instrumentalisation de la politique à des fins d’enrichissement personnel, à une mal gouvernance endémique marquée par la démission des élites et leur inféodation aux multinationales, Patrice Lumumba constitue un exemple inépuisable de probité et de primauté de l’intérêt général.
Patrice Lumumba n’est pas seulement l’homme de la harangue enflammée du 30 juin 1960, réfutation de la vulgate coloniale qu’on tenta de faire passer pour un crime de lèse-majesté. Il est le porteur d’une vision de l’indépendance de son pays imprégnée d’utopie et de fraternité universelle. Pour lui l’indépendance signifiait la rupture avec l’ordre colonial et la possibilité pour le peuple de forger un destin à la mesure de ses rêves, de ses frustrations et de ses souffrances.
Il est juste de rappeler qu’en dépit d’une diabolisation dans laquelle la Belgique officielle s’est illustrée, l’héritage de Patrice Lumumba n’est pas tombé en déshérence. C’est un devoir pour les patriotes congolais et pour tous les Hommes épris de liberté d’œuvrer à la transmission du message de Lumumba, de son rêve inentamé de liberté et d’indépendance comme ferments d’un monde meilleur, à bâtir ensemble sur le socle d’une fraternité à l’aune de l’universel.

Le collectif Mémoires Coloniales rappelle sa volonté de voir l’érection à Bruxelles d’un monument en hommage à Patrice Lumumba et à tous les héros de l’indépendance. Ce monument serait la fin du déni de responsabilités de la Belgique dans la tragédie du peuple congolais et ferait un sort à une mémoire sélective et manipulée.

Contacts :
Pauline Imbach (CADTM Belgique, membre du collectif Mémoires Coloniales) 0488 29 81 04
Sébastien Kennes (Oasisndjili, membre du collectif Mémoires Coloniales) 0477 54 69 86




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