Le Niger est en lutte contre des mesures néolibérales, exigeons l’arrêt de la répression ! Appel à la solidarité.

11 avril 2005 par CADTM


À l’initiative de la revue Afrique XX1 et du réseau CADTM international

Le Niger est en lutte contre des mesures néolibérales, exigeons l’arrêt de la répression !

Depuis le 14 mars 2005, un mouvement social historique s’est développé au Niger contre l’augmentation de la TVA sur les produits de première nécessité. Il associe toutes les couches de la population. Le gouvernement est en crise et n’a trouvé d’autre réponse que d’arrêter les responsables des mouvements sociaux, avant de les libérer « provisoirement », sans abandon des charges lourdes qui pèsent sur eux (« complot contre la sûreté de l’Etat, provocation d’attroupements non armés » et « constitution d’une organisation non déclarée »). Face à cette répression, nous apportons toute notre solidarité à la population nigérienne dans ses revendications légitimes et exigeons l’arrêt des poursuites contre les militants interpellés.

-  Appel à mobilisation et solidarité

Prière de renvoyer votre réponse à afrique21 chez altern.org Cc à : info chez cadtm.org et à osalissou chez yahoo.fr

Nous exigeons la libération définitive des personnes interpellées et l’arrêt des poursuites ;

Nous exigeons l’abandon des politiques d’ajustement structurel qu’elle implique ;

Nous exigeons l’annulation de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
extérieure publique du Niger ;

Nous exigeons la satisfaction des revendications légitimes du peuple nigérien.

Talon pour signer :

Prénom et NOM : ........................................

Adresse : rue et numéro.................................................... ; Code postal...... ; Municipalité :............ ; Pays : .........

En qualité de (facultatif) : .................................................

Email : ..........

Premiers signataires :
Le Forum Social du Bénin
L’Association des Jeunes pour l’Aide et le Développement (A.J.A.D, Bénin)
UMT (Union marocaine du travail), organisation syndicale marocaine
Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement
Confédération Nationale du Travail (France)
Syndicat CNT Interco Jura
ACTUS (Action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
du Tchad pour l’Unité et le Socialisme)
Association des Tunisiens en France
Jeunes volontaires pour l’Environnement
Association Survie France
Revue Afrique XX1
CADTM Belgique, CADTM France, CADTM Suisse

Bruno FORT - Pâtissier - CNT ETPRECI 75
Cédric DUPONT, infographiste 2 et 3D, Nice
Roseline PELUCHON - CADTM France - Médecin généraliste
Thibault Le TEXIER, chargé de projet association Ritimo (Réseau des centres de documentation et d’information pour le développement et la solidarité internationale)
Sarah OLIVEIRA, 57 bis rue de Tocqueville, 75017 Paris, Etudiante
Rémi COURT. Je soutiens les Nigériens en lutte depuis le 14 mars contre l’augmentation, imposée par le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, sur les produits de première nécessité
Anne BARON-GRANGE, journaliste, Paris
Matthieu CHEVALIER, Place de la fontaine, 30330 Saint André D’olérargues
Mme Maïté JEAN, Directrice d’école maternelle, 68260, KINGERSHEIM, FRANCE
Régis LORTON, ITA Chargé d’enseignement - LEGTA Nîmes-Rodilhan, Domaine de Donadille, 30 230 Rodilhan (Agronomie, Aménagement, Bio-écologie)
Cyrille ROUSSEAUX, enseignant, CNT-39
Olivier COURT, ingénieur en recherche, sympathisant de Survie (69)
François MEYER, Lyon
Rafaele LAMOUROUX, St-Etienne
Colette GRANGE Villeurbanne
Lydie MARILLER, Lyon 3
Jean-Marie Gaide, architecte, 1 rue pailleron 69004 Lyon
Vincent MARIER, employé, vit en France et au Burkina Faso, appartient aux groupes Solidareco (professionnels du développement solidaires), l’Autre (vulgarisation et applications pratiques de l’anthropologie culturelle)
Véronique SIOUSSARAM, doctorante IRD / Niamey
Nicole KAHN, 59, rue Garibaldi, Lyon
Eric TOUSSAINT, président CADTM Belgique
Damien MILLET et Claude QUÉMAR, respectivement président et secrétaire général du CADTM France
Juan TORTOSA, CADTM Suisse
Olivier BONFOND, CADTM Belgique

NIAMEY (AFP) - samedi 09 avril 2005 - 18h22 - Des marches, des meetings et une opération « ville morte », organisés samedi au Niger pour dénoncer la "flambée sauvage des prix des produits de première nécessité, se sont déroulées dans le calme partout dans le pays sauf à Agadez (nord), où des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre, selon les organisateurs.

Ces manifestations font suite à l’appel lancé par la Coalition contre la vie chère, qui demande l’abrogation de la loi de Finances 2005 en estimant qu’elle est à l’origine de la hausse des prix des produits de première nécessité dans le pays.

« A Niamey, Zinder et Maradi (est), Tahoua (nord), Dosso (sud) et Tillabéry (ouest), la mobilisation était à son comble. Tout s’est bien passé (partout), sauf à Agadez où des casseurs ont été arrêtés par les forces de l’ordre », a déclaré à l’AFP Nouhou Arzika, président de la Coalition.

Interrogés par l’AFP, des journalistes en poste à Agadez ont confirmé ces heurts. Selon eux, ils se sont poursuivis jusqu’à 12H00 locales (11H00 GMT), les forces de l’ordre faisant usage de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui ripostaient par des jets de pierres.

Un journaliste d’une radio locale a affirmé avoir vu « des blessés légers et plusieurs arrestations », dans donner d’autre détail.

Le gouvernorat et la police d’Agadez n’étaient pas joignables samedi après-midi pour commenter ces informations.

A Niamey, des milliers de personnes ont participé à une marche qui les a menés de la Place Toumo (est de la capitale) à la Place de la Concertation, distante de plusieurs kilomètres, située en face de l’Assemblée nationale.

Durant leur procession, ils ont scandé des slogans hostiles au gouvernement et aux députés, qui ont adopté la loi de Finances 2005 instituant une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 19% sur les produits de consommation courante.

La marche s’est terminée en début d’après-midi par un meeting marqué par des interventions sur « les conséquences dramatiques de la TVA sur le quotidien des populations ».

Certains commerces, qui étaient fermés dans la matinée, avaient rouvert peu après la manifestation, durant laquelle aucun incident dans été signalé.

Les taxis circulaient timidement en ville, où des forces de sécurité avaient été déployées pour prévenir d’éventuels dérapages.

A Zinder (est), deuxième ville du pays, une journée « ville morte » a été décrétée en lieu et place d’une marche qui n’a pas été autorisée, selon les dirigeants locaux de la Coalition joints par l’AFP.

« Nous n’avons pas eu l’agrément des autorités pour marcher, alors nous avons appelé les populations à une opération +ville morte+, qui est très largement suivie », a déclaré Mamane Galadima, un de ces dirigeants.

Aucun incident n’a été signalé dans la ville, où des heurts avaient opposé forces de l’ordre et manifestants lors de précédents mouvements à l’initiative de la Coalition.

Cette structure regroupe une trentaine d’ONG de défense des consommateurs, des travailleurs et des droits de l’Homme qui appellent depuis trois semaines les populations à manifester dans tout le pays pour contraindre le gouvernement à abroger la loi de Finance 2005.

Le 1er avril, un « Comité de réflexion », chargé de proposer des alternatives à la TVA pour générer des recettes, a été créé à l’issue d’une rencontre entre la Coalition et le gouvernement, à laquelle ont participé des représentants de l’opposition, du monde économique et syndical.

Les 30 membres du Comité, qui se sont réunis vendredi dernier, et doivent de nouveau se rencontrer lundi pour « harmoniser (leurs) points de vue », selon Ali Idrissa, porte-parole de la Coalition.

Mercredi, le président Mamadou Tandja avait appelé au dialogue les acteurs de cette crise sans précédent au Niger, un des pays les plus pauvres de la planète.
DISCOURS DU PRÉSIDENT NIGÉRIEN MAMADOU TANDJA DU 6 AVRIL

Nigériennes, Nigériens,

Mes Chers Compatriotes,

Notre pays, vous le savez, vit depuis quelques jours, des convulsions sociales nées des revendications de la société civile visant à obtenir l’abrogation de certaines mesures fiscales contenues dans la loi de finances rectificative 2005.

A priori, cela est tout à fait normal dans un Etat de droit comme le nôtre, où nul ne peut objectivement méconnaître la garantie qui entoure l’exercice de toutes les li-bertés individuelles et collectives.
Au Niger, les manifestations sont libres. Elles sont perçues comme les signes de la vitalité de notre jeune et solide démo-cratie.

Mais, il se trouve, mes Chers Compatriotes, que les manifestations de ces derniers jours ont ceci de préoccupant qu’elles sont devenues chroniques et tendent finalement à remettre en cause ce que nous avons de plus précieux à savoir la paix et la stabilité sociale.
Malgré les efforts déployés par les uns et les autres, force est de constater que la situation n’est toujours pas des plus sereines.

Nigériennes, Nigériens,

Mes Chers Compatriotes,

Je voudrais ici rappeler que nous avons tous, à travers le préambule de notre Loi Fondamentale, réaffirmé notre engagement à tout mettre en œuvre pour réaliser l’intégration régionale et sous-régionale. Au nom de cet engagement, et convaincu que cette intégration est devenue une nécessité impérieuse, nous avons souverainement souscrit à des conventions internationales qui, vous vous en doutez, comportent des exigences dont celles de la mise en œuvre des critères de convergence pour le cas précis de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine. C’est pour répondre à ces exigences, et nous mettre au diapason des autres pays de la sous-région, que fut adoptée la loi de finances rectificative, coïncidant malheureusement avec une année caractérisée par une mauvaise campagne agricole, doublée d’attaques acridiennes. Dans un tel contexte, les mesures, surtout fiscales, sont plus durement ressenties et cela se comprend. Mais, faudra-t-il en même temps comprendre que notre pays honore ses engagements et assume sa souveraineté.

Les données sont à mon avis claires et les réticences qui ont suivi ces mesures, me semblent plutôt imputables à un déficit de communication sur le sujet. C’est donc conscient de la nécessité de mieux expliquer les enjeux, que le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a réuni, autour d’une même table, toutes les parties prenantes en vue de parvenir à une solution concertée sur la situation ainsi créée.

Cette réunion avait suscité beaucoup d’espoirs, tant les malentendus semblaient enfin aplanis.
Mais quelle ne fut notre surprise, sinon notre déception de constater, dès le lendemain, que le problème reste toujours entier.

Mes Chers Compatriotes,

Nous vivons dans un monde où ne pourront prospérer que les Nations laborieuses, les Nations stables et solidaires, les Nations déterminées à vaincre l’adversité. Nous devons en prendre définitivement conscience et nous résoudre à trouver, par nous et pour nous mêmes des solutions aux problèmes qui risquent de compromettre toutes nos chances de progrès. Ceci est bien à notre portée pour peu que nous acceptions de dialoguer avec la responsabilité et la sérénité requises. Nous avons, au nom de l’intérêt général, surmonté des épreuves beaucoup plus délicates ; ce n’est pas sur ce sujet que nous faillirons. Je reste convaincu, qu’une fois les débats dépassionnés et les positions extrémistes abandonnées, nous réussirons à trouver le juste compromis et mettre ainsi fin à cette situation qui n’a que trop duré.

C’est pourquoi, j’encourage vivement les négociations en cours et invite solennellement chacune et chacun de vous à apporter son concours afin que le Niger, notre bien commun, en sorte grandi et continue paisiblement sa marche sur la voie de la démocratie et du développement. Que Dieu vous bénisse et bénisse le Niger !

Mamadou Tandja