Communiqué de presse

Le CADTM réclame le licenciement immédiat du président de la Banque mondiale

15 avril 2007


Le président de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
, Paul Wolfowitz, a reconnu jeudi dernier être intervenu personnellement afin d’obtenir une forte augmentation de salaire pour sa compagne. Alors qu’il avait affirmé avoir agi avec l’accord implicite du Conseil d’administration de la Banque mondiale, les membres de ce Conseil d’administration ont rappelé vendredi qu’il n’en était rien. Wolfowitz a donc menti pour tenter de sauver son poste.

Dimanche soir, il a osé affirmer, au cours d’une conférence de presse, qu’il pensait pouvoir continuer à assumer ses fonctions, révélant ainsi que les excuses qu’il a présentées publiquement ne sont que des mots en l’air et qu’il n’assume rien des actes frauduleux qu’il a commis.

Pour le CADTM, la plus haute instance de la Banque mondiale, réunie à Washington ce week-end, aurait dû prendre acte du refus de Paul Wolfowitz de démissionner et annoncer la seule décision qui s’impose en pareille circonstance : licencier Paul Wolfowitz pour faute grave. Au lieu de cela, gênée par cette polémique « très préoccupante », elle l’a juste rappelé à l’ordre, ce qui est bien la moindre des choses.

Le président des Etats-Unis, George W. Bush, a très vite réitéré son soutien à Wolfowitz qu’il avait lui-même désigné selon une règle inadmissible (qui réserve ce poste à un ressortissant des Etats-Unis). Aucune des grandes puissances n’a eu le courage de demander clairement et publiquement le remplacement de Wolfowitz. La France, 4e actionnaire de la Banque mondiale, montre à cette occasion qu’elle préfère suivre docilement la volonté des Etats-Unis au lieu de rappeler avec force des principes de morale, d’honnêteté et de transparence qui ont été bafoués par Wolfowitz.

Désormais, Paul Wolfowitz ne peut plus revendiquer la moindre légitimité. La crédibilité de son discours sur la « bonne gouvernance » et la lutte contre la corruption est aujourd’hui réduite à néant. Son maintien en poste vient confirmer l’analyse du CADTM : la Banque mondiale dans sa globalité n’est pas une institution noble dévouée au développement des pays du Sud mais une institution sans scrupules, au service des Etats-Unis et de leurs alliés, pour imposer au tiers-monde des politiques néolibérales d’ouverture violente des marchés, de privatisations prédatrices et de réduction drastique des budgets sociaux.

Le CADTM réclame donc la suppression de la Banque mondiale et son remplacement par une institution radicalement différente, dont les priorités absolues seraient la satisfaction des besoins humains fondamentaux, le respect de la souveraineté des pays du Sud et une éthique irréprochable.