Haïti

La crise de l’euro analysée avec des étudiants à Haïti

3 novembre 2013 par CADTM AYNA


Le 31 octobre 2013, Éric Toussaint a donné une conférence sur le thème de la crise de l’euro à la faculté d’ethnologie de l’université de Port au Prince (Haïti). Plus d’une centaine d’étudiants étaient présents. Vous pouvez trouver le contenu de la conférence ici.

Comme pour la conférence précédente présentée le 29 octobre 2013, les étudiants ont posé de nombreuses questions qui ont donné lieu à un très riche échange. Voici les principales : La crise de la zone euro a-t-elle été causée par la concurrence des pays émergents Pays émergents Les pays émergents désignent la vingtaine de pays en développement ayant accès aux marchés financiers et parmi lesquels se trouvent les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Ils se caractérisent par un « accroissement significatif de leur revenu par habitant et, de ce fait, leur part dans le revenu mondial est en forte progression ». comme la Chine, le Brésil, la Corée du Sud ? Quels sont les effets de cette crise sur les pays en développement ? Qu’en est-il de la rivalité entre l’Allemagne et la France ? Peut-on parler de domination allemande sur la zone euro ? Quel est le rôle de la classe ouvrière dans la crise ? Karl Marx avait-il raison d’affirmer que le capitalisme creuse sa propre tombe ? Quel est le rôle des paradis fiscaux Paradis fiscaux
Paradis fiscal
Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants :
(a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ;
(b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;
(c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;
(d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;
(e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière.

La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.
dans la crise ? Est-il possible d’avoir un véritable gouvernement de gauche à Haïti ? Comment se fait-il que malgré la crise de l’euro et de l’Union européenne des pays (Albanie, Serbie, Bosnie, Ukraine, Turquie) cherchent encore à y adhérer ? Y a-t-il par ailleurs un danger de désintégration de la zone euro ? Est-ce que cela va mal pour la bourgeoisie grecque ? Comment agir face à la désinformation des grands médias à propos de la crise de l’euro ? Quel est l’impact sur la lutte des classes de l’augmentation du chômage en Europe ?

La conférence a été agrémentée par des chansons décapantes de Kéber, un jeune auteur compositeur interprète.




CADTM AYNA

Abya Yala Nuestra América
Abya Yala est le nom donné par les Indiens Kunas du Panama et de la Colombie au continent américain avant l’arrivée de Christophe Colomb et des européens. L’expression « Abya Yala » signifie « terre dans sa pleine maturité » dans la langue des Kunas. Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. ». Abya Yala est choisie en 1992 par les nations indigènes d’Amérique pour désigner l’Amérique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci.

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