L’aide hypocrite du G20 à l’Afrique face au Coronavirus

Podcast de la 15e émission « Impôts et Justice Sociale » de Tax Justice Network

1er mai 2020 par Broulaye Bagayoko , Ali Idrissa , Idriss Linge , Tax Justice Network


Dans cette quinzième édition de votre podcast « Impôts et Justice Sociale » nous revenons sur le Coronavirus, et les actions en faveur de la justice sociale au profit de l’Afrique et des Africains. De nombreux gouvernement ont pris des mesures pour limiter les conséquences économiques sur les personnes actives. Mais ces mesures reposent sur de faibles moyens et ne parviennent pas à toucher tout le monde.

Aussi, les pays riches du G20 G20 G20 : Le Groupe des vingt (G20) est un groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union européenne dont les ministres, les chefs de banques centrales et les chefs d’État se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi compte tenu du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Sont membres : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, l’Union européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne). , dont plusieurs sont des paradis fiscaux Paradis fiscaux
Paradis fiscal
Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants :
(a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ;
(b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;
(c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;
(d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;
(e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière.

La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.
ou des experts des stratégies agressives pour obtenir des avantages fiscaux avantageux, ont annoncé de grandes mesures d’aide à l’Afrique, mais il n’en est rien, Au contraire, le continent noir risque de payer plus cher cette suspension du service de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
.

Pour en parler :

  • Ali Idrissa, il est basé au Niger, où il occupe les fonctions de Coordonnateur du ROTAB (Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire)
  • Broulaye Bagayoko, qui est basé au Mali. Il est le Secrétaire Permanent du CADTM Afrique / Comité pour l’abolition des dettes illégitimes
L’aide hypocrite du G20 à l’Afrique face au Coronavirus



Broulaye Bagayoko

membre de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) et Secrétaire Permanent du CADTM Afrique (Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes) Tél : 65 88 11 53/74 90 73 95 e-mail : secretariatcadtmafrique chez gmail.com

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Ali Idrissa

est coordonnateur du ROTAB (Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire)