Forum des Peuples contre la BAD

Inde : Notre planète n’est pas à vendre

9 avril 2013


Banque asiatique du développement hors de l’Inde ! Hors d’Asie !

Nous, mouvements populaires, organisations de masse, groupes en lutte, syndicats, organisations communautaires et bien d’autres d’Inde et de la région Asie-Pacifique, appelons à une manifestation contre la 46e assemblée annuelle du conseil des gouverneurs de la banque asiatique du développement qui se tiendra à Delhi entre le 2 et le 5 mai 2013.

L’assemblée prendra des décisions concernant des questions clefs du développement pour la région Asie-Pacifique, qui nous affecteront tous, maintenant et à l’avenir. L’Inde qui est qualifiée de « puissance émergeante » dans la région et au sein de la BAD accueillera l’assemblée pour la troisième fois afin d’affirmer et de promouvoir le modèle de « développement par l’autonomisation » mis en avant par la BAD. En fait, au fil des ans, les élites indiennes au pouvoir ont travaillé main dans la main avec la BAD avec une complicité mutuellement bénéfique aux dépens de centaines de millions de pauvres, de marginaux et d’autres couches laborieuses de la société.

2 au 5 mai 2013 : Forum des Peuples contre ADB

La BAD a gagné l’infâme titre d’être en fait une « Banque Anti-humaine Destructrice », dont les actes dévastateurs ne sont pas limités à l’Inde, mais se font sentir partout en Asie-Pacifique et au-delà au niveau global en collusion avec la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
(BM), le Fond monétaire international (FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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) et d’autres institutions du capitalisme mondialisé. De même, notre protestation et résistance ne sont pas limitées à la BAD mais s’étendent à toutes les institutions financières internationales (IFI) dont les missions premières sont de s’approprier et de « marchandiser » les richesses naturelles, humaines et sociales de la planète, et d’enfoncer les nations dans l’endettement et dans la subordination politique.

S’auto proclamant institution financière « pour le développement », la BAD prétend combattre la pauvreté dans la région. Mais sa stratégie de réduction de la pauvreté est tout juste une mascarade lui permettant de prescrire un modèle de croissance économique rapide voué à l’échec, favorisé par la privatisation, la marchandisation et la financiarisation des ressources naturelles et des besoins élémentaires tels que l’eau, l’énergie, l’éducation, etc… Sous couvert de « bonne gouvernance », la BAD soutien des secteurs privés opaques, qui ne rendent pas de compte et uniquement motivés par les profits lucratifs. Le Cadre stratégique à long terme (stratégie 2020) de la banque est une recette pour transférer les richesses, les moyens et les capacités des classes moyennes et pauvres vers les classes supérieures et les plus riches. En utilisant des slogans tels que « la croissance inclusive », la « viabilité environnementale » et l’ « intégration régionale », la Stratégie 2020 se concentre sur le développement du secteur privé et préconise explicitement la participation du secteur privé dans les opérations de la BAD et des emprunteurs. En 2011, la Banque a dépensé presque 6 milliards de dollars pour financer le secteur privé. Sans surprise, en Inde le nombre de milliardaires est passé de 2 (valant 2 milliards de dollars au milieu des années 90) à 46 en 2012 cumulant 176 milliards de dollars !

Avec près de 22 milliards de dollars de placements financiers annuels pour presque 350 projets (emprunts, subventions, investissements de capitaux et assistance technique) en Asie-Pacifique, les gouvernements ont donné à la BAD un mandat pour diriger les voies du développement dans la région. Sous prétexte de s’atteler aux crises environnementale et climatique et de réduire la pauvreté, la BAD continue de déplacer et d’éloigner un grand nombre de personnes de leur terres, habitations, sources d’eau et forêts, et violent leur droit aux moyens d’existence, à la citoyenneté et à la participation dans les processus de décision.

Unissons-nous contre l’assemblée annuelle du conseil des gouverneurs de la BAD

Alors que ce sont nos gouvernements qui empruntent, le remboursement de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
est rejeté dans le domaine public et sur la population du pays et il est transféré aux générations futures et à l’environnement. Le remboursement de la dette réduit les faibles réserves de change et détourne les revenus nationaux des dépenses pour les biens et services publics essentiels tels que l’éducation, la santé, le logement, l’eau, les installations sanitaires, l’électricité et la création d’emplois, vers le service d’une dette illégitime qui augmente vertigineusement. Les forces en lutte, les mouvements et les campagnes contre les projets financés par la BAD au Bengale occidental, dans le Chhattisgarh, l’Orissa, le Tamil Nadu, le Kerala, le Karnataka, le Gujarat, le Maharashtra, en Jharkhand, en J&K, en Himachal Pradesh et dans les États du Nord saisissent cette occasion pour démasquer la collusion entre la BAD et le gouvernement indien visant à concentrer les richesses, les ressources et les capacités entre les mains des élites politiques et économiques. Dans ces États, les populations engagées dans de vibrantes luttes contre le nucléaire, l’accaparement des terres et de l’eau, les évictions de force, les lois contre les populations, les suicides de fermiers et les destructions environnementales diffusent cet appel pour défier les mauvaises et mal nommées prescriptions pour le développement de la BAD. L’assemblée annuelle 2013 du conseil des gouverneurs à Delhi offre une opportunité très attendue de nous rassembler pour dénoncer le modèle de développement destructeur promu par la BAD et nos gouvernements.

Nous vous invitons tous à vous joindre à nous pour clamer notre opposition aux institutions telles que la BAD, qui dégradent nos institutions démocratiques, commettent d’incalculables violences à notre société et fomentent une continuelle marginalisation et paupérisation de nos peuples.

Signé par :

Inde

Adivasi Moolvasi Astitva Raksha Manch (Jharkhand), All India Forum of Forest Movements (AIFFM), All India Union of Forest Working people ( AIUFWP/NFFPFW), Andhra Pradesh Muslim Organization,Behavioural Science Centre (Ahmedabad), Bharat Jan Vigyan Jatha, Bharatiya Kisan Union (BKU), CitizensForum for Mangalore Development, GM-Free Bihar Movement, Haldia Dock Complex Contractors Shramik Union, Himalaya Niti Abhiyan, Indianoil Petronas Contractors Shramik Union, Indian Social Action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
Forum(INSAF), Kabani – the other direction, KSMTF – Kerala Fishworkers Forum, Manthan Adhyayan Kendra,Mines, minerals & People (MmP), Nadi Ghati Morcha, National Fishworkers Forum, National HawkersFederation, Posco Pratirodh Sangram Samiti (PPSS), Radical Socialist, River basin Friends, South AsiaNetwork on Dams, Rivers & People – SANDRP , Sundarban Banadhikar Sangram Committee & others,

Asie/International

Alternatives Asia, Asia Europe Peoples Forum, Asia-Pacific Movement on Debt & Development (JubileeSouth), CADTM International Network, FOCUS on the Global South, Migrant Forum in Asia (MFA)

Pays asiatiques

Bangladesh

EQUITYBD, Humanitywatch, Initiative for Right View – IRV, Online Knowledge Society,Participatory Research Action Network-PRAN, VOICE

Indonésie

Solidaritas Perempuan

Népal

All Nepal Peasants’ Federation (ANPFA), All Nepal Women’s association (ANWA), Forum for theProtection of Public Interest

Pakistan

Pakistan Fisherfolk Forum, Umeedenao Citizen Community Board

Philippines

AMA- Aniban ng mga Manggagawa sa Agrikultura (Union of Agricultural Workers)

Sri Lanka

Centre for Environmental Justice/Friends of the Earth

Federation of Media Employees Trade Unions

Traduction Danielle Sabai


Voir en ligne : www.insafindia.net


Traduction(s)