Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
CADTM

Hommage à Thomas Sankara

16 mars 2011 par Philippe Vitaller

Vidéo réalisée par Philippe Vitaller d’hommage sur la tombe de Sankara par Samskaledjah du 28 janvier 2011 pendant la caravane des mouvements sociaux


Hommage A Thomas SANKARA AVEC SAMSKLEJAH par filouzeufilmaker

Le CADTM salue la mémoire de Thomas Sankara et rappelle que le combat contre la dette Dette - Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.

- Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.

- Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
continue. Arrivé au pouvoir par une « révolution démocratique et populaire » en août 1983 en Haute Volta, qu’il rebaptise Burkina Faso « pays des hommes intègres », Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987 |1|. S’il est un Che Guevera africain, c’est bien de Thomas Sankara qu’il s’agit. L’ex-président du Burkina Faso incarne aujourd’hui encore pour les peuples africains et au delà même du continent, la résistance à la logique imposée par le Fond monétaire international (FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 187 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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), la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

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et les pays créanciers.

Engagé pour l’annulation de la dette du tiers monde, Thomas Sankara déclarait à Addis Abeba le 29 juillet 1987 que « la dette, sous sa forme actuelle, contrôlée, dominée par l’impérialisme, est une reconquête savamment organisée pour que l’Afrique, sa croissance, son développement obéisse à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangères, faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier c’est-à-dire l’esclave tout court de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer les fonds chez nous avec l’obligation de rembourser (...) La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également ».

23 ans après, ce discours est toujours d’une actualité criante. La Banque mondiale, le FMI et les Etats créanciers avec la complicité des élites du Sud sont responsables de la pauvreté en Afrique et dans l’ensemble des pays dit « en voie de développement ». Sous le prétexte du remboursement de la dette, ces acteurs, à travers les plans d’ajustement structurel Ajustement structurel Politique économique imposée par le FMI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts. ou les initiatives Pays Pauvres Très Endettés PPTE
Pays pauvres très endettés
(En anglais : HIPC).
L’initiative PPTE, mise en place en 1996 et renforcée en septembre 1999, est destinée à alléger la dette des pays très pauvres et très endettés, avec le modeste objectif de la rendre juste soutenable.

Elle se déroule en 4 étapes particulièrement exigeantes et complexes.
Tout d’abord, le pays qui sollicite une aide au titre de cette initiative doit mener docilement, en général pendant 3 ans, des politiques économiques approuvées par le FMI et la Banque mondiale, sous forme de programmes d’ajustement. Il continue alors à recevoir l’aide classique de tous les bailleurs de fonds concernés. Pendant ce temps, il doit adopter un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), parfois juste sous une forme intérimaire, et avoir obtenu des résultats dans l’application de cette stratégie pendant au moins un an.

À la fin de ces 3 années, arrive le point de décision : le FMI analyse le caractère soutenable ou non de l’endettement du pays candidat. Si la valeur nette du ratio stock de la dette extérieure / exportations est supérieure à 150 % après application des mécanismes traditionnels d’allègement de la dette, le pays peut être déclaré éligible. Cependant, les pays à niveau d’exportations élevé (ratio exportations/PIB supérieur à 30 %) sont pénalisés par le choix de ce critère, et on privilégie alors leurs recettes budgétaires plutôt que leurs exportations. Donc si leur endettement est manifestement très élevé malgré un bon recouvrement de l’impôt (recettes budgétaires supérieures à 15 % du PIB, afin d’éviter tout laxisme dans ce domaine), l’objectif retenu est un ratio valeur nette du stock de la dette / recettes budgétaires supérieur à 250 %.
Troisième temps, si le pays est déclaré admissible, il bénéficie de premiers allègements de la part des États créanciers et des banques privées, et doit poursuivre avec les politiques agréées par le FMI et la Banque mondiale. La durée de cette période est déterminée par la mise en œuvre satisfaisante des réformes clés convenues au point de décision, dans un souci de maintien de la stabilité macroéconomique.

A l’issue, arrive le point d’achèvement. Le reste de allègement est alors fourni, pour permettre au pays de revenir à des critères de soutenabilité (exposés ci-dessus) jugés satisfaisants.
Le coût de cette initiative est estimé à 54 milliards de dollars, soit environ 2,6% de la dette extérieure du Tiers Monde.
Les PPTE sont au nombre de 42 seulement, dont 34 en Afrique subsaharienne, auxquels il convient d’ajouter le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, la Guyana, le Laos, le Vietnam et Myanmar.
Au 30 septembre 2003, 27 pays ont atteint le point de décision, et seulement 8 sont parvenus au point d’achèvement : l’Ouganda, la Bolivie, le Mozambique, la Tanzanie, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Mali et le Bénin.
– PPTE, imposent des politiques qui favorisent le pillage des ressources naturelles, la privatisation des profits, la destruction des services sociaux, etc. Loin du chemin d’un développement endogène, les IFI et leurs complices, véritables assassins financiers, étouffent les pays pauvres sous un amas de dettes indues, car largement odieuses et illégitimes.

La voix de Thomas Sankara ne s’essouffle pas, elle est la voix des peuples en lutte ! Alors que se clôture ce 17 octobre 2010 la Semaine d’Action Globale contre la Dette et les Institutions Financières Internationales, à laquelle le CADTM a participé, nous appelons à ce que le combat contre la dette se renforce sur tous les continents, que la mémoire de Thomas Sankara soit vivante et qu’elle incarne la résistance, non dans une mystification de son combat mais par des actes visant une réelle émancipation des peuples.

Thomas Sankara était assassiné pour avoir osé penser la création d’un front uni contre la dette, arme redoutable de libération des peuples. Ce front doit aujourd’hui voir le jour, il appartient aux peuples de s’unir, de se solidariser et d’imposer à leurs gouvernements le non paiement de la dette.

http://www.cadtm.org/En-memoire-a-T...

concert à Liège de Samskaledjah

http://www.cadtm.org/Sur-les-traces...

Appel Thomas Sankara

http://www.cadtm.org/Appel-a-signer...

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