Appel

Contre l’ethnocide, l’écocide et l’extractivisme en Amazonie exacerbés par la pandémie de la covid-19

16 juillet par Assemblée mondiale pour l’Amazonie


L’Amazonie voit ses communautés, villages, villes et cités inondés de morts. La covid-19 est cruelle envers les « peuples de la jungle » qui subissent depuis des siècles indifférence, négligence, exploitation, extractivisme Extractivisme Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique. , racisme et ethnocide. Cette région, essentielle à la stabilité du système Terre, connaît notamment un écocide et un terricide accélérés.

La détérioration de la forêt amazonienne résulte de l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
des entreprises agroindustrielles avec leurs monocultures et cultures OGM OGM
Organisme génétiquement modifié
Organisme vivant (végétal ou animal) sur lequel on a procédé à une manipulation génétique afin de modifier ses qualités, en général afin de le rendre résistant à un herbicide ou un pesticide. En 2000, les OGM couvraient plus de 40 millions d’hectares, concernant pour les trois-quarts le soja et le maïs. Les principaux pays producteurs étaient les USA, l’Argentine et le Canada. Les plantes génétiquement modifiées sont en général produites intensivement pour l’alimentation du bétail des pays riches. Leur existence pose trois problèmes.


- Problème sanitaire. Outre la présence de nouveaux gènes dont les effets ne sont pas toujours connus, la résistance à un herbicide implique que le producteur va multiplier son utilisation. Les produits OGM (notamment le soja américain) se retrouvent gorgés d’herbicide dont dont on ignore les effets sur la santé humaine. De plus, pour incorporer le gène nouveau, on l’associe à un gène de résistance à un antibiotique, on bombarde des cellules saines et on cultive le tout dans une solution en présence de cet antibiotique pour ne conserver que les cellules effectivement modifiées.


- Problème juridique. Les OGM sont développés à l’initiative des seules transnationales de l’agrochimie comme Monsanto, pour toucher les royalties sur les brevets associés. Elles procèdent par coups de boutoir pour enfoncer une législation lacunaire devant ces objets nouveaux. Les agriculteurs deviennent alors dépendants de ces firmes. Les États se défendent comme ils peuvent, bien souvent complices, et ils sont fort démunis quand on découvre une présence malencontreuse d’OGM dans des semences que l’on croyait saines : destruction de colza transgénique dans le nord de la France en mai 2000 (Advanta Seeds), non destruction de maïs transgénique sur 2600 ha en Lot et Garonne en juin 2000 (Golden Harvest), retrait de la distribution de galettes de maïs Taco Bell aux USA en octobre 2000 (Aventis). En outre, lors du vote par le parlement européen de la recommandation du 12/4/2000, l’amendement définissant la responsabilité des producteurs a été rejeté.


- Problème alimentaire. Les OGM sont inutiles au Nord où il y a surproduction et où il faudrait bien mieux promouvoir une agriculture paysanne et saine, inutiles au Sud qui ne pourra pas se payer ces semences chères et les pesticides qui vont avec, ou alors cela déséquilibrera toute la production traditionnelle. Il est clair selon la FAO que la faim dans le monde ne résulte pas d’une production insuffisante.
, de l’exploitation des agrocarburants, de l’exploitation minière légale et illégale, de l’extraction et du déversement d’hydrocarbures ; ainsi que de la biopiraterie, des mégaprojets hydroélectriques, des lignes électriques et des routes mal planifiées, de la politique d’investissement des organisations financières internationales, du trafic de drogue et du crime organisé.

Les gouvernements du Nord et du Sud, qu’ils soient néolibéraux ou soi-disant progressistes, encouragent l’extractivisme de différentes manières, affaiblissant l’Amazonie sur le plan social et écologique. Désormais, en « réactivant l’économie pour sortir de la crise liée au Covid-19 », les gouvernements de la région assouplissent les réglementations sociales, environnementales et en faveur des populations autochtones pour promouvoir davantage l’extractivisme.

La destruction de l’Amazonie nous rapproche de la catastrophe climatique. Sans une Amazonie vivante, il n’y aura pas d’avenir pour l’humanité.

Plusieurs acteurs sont en train de se battre et de résister à cette destruction. Les femmes d’Amazonie sont à la fois les plus menacées et les plus créatives et résistantes en défense de leurs corps-territoires.

Dans cette lutte, les défis sont immenses et il est urgent et indispendable d’être uni.es dans la diversité. Les peuples autochtones, gardiens de l’héritage culturel et du « Buen Vivir » (bien vivre) y jouent un rôle de premier plan.

Face à cette réalité, les mouvements, les collectifs, les réseaux, les activistes et les organisations des peuples autochtones, les communautés quilombolas, seringueiros (qui récoltent le caoutchouc), caboclos et marrons, paysans, artistes, religieux, défenseurs de la nature, universitaires, femmes, jeunes et habitants des villes amazoniennes, dont décidé de s’auto-organiser en assemblée mondiale de l’Amazonie qui se tiendra virtuellement les 18 et 19 juillet.

Notre objectif est de former une alliance au service des plateformes et campagnes existantes, pour renforcer nos actions et nos impacts en faveur de la défense des droits de l’homme, des droits des peuples autochtones et de la nature. Nous voulons construire un processus en spirale de cycles d’assemblées/actions pour unir les volontés, nous mettre d’accord sur les objectifs et organiser des initiatives de mobilisation autour des propositions qui seront issues des débats et consensus.

À cette fin, nous consacrerons le premier jour de notre assemblée à la réflexion et au débat sur les problèmes des pays et de la région panamazonienne et, le deuxième jour, nous discuterons des propositions d’action et enrichirons trois campagnes à construire :

1. Une campagne mondiale pour faire face aux graves répercussions du Covid19 sur les populations autochtones dans toute l’Amazonie.

2. Une campagne mondiale pour boycotter les produits, les entreprises, les investissements, les politiques gouvernementales, les accords commerciaux et l’extractivisme qui détruisent l’Amazonie.

3. Des journées de mobilisation mondiale pour mettre fin à l’ethnocide, à l’écocide et à l’extractivisme, et sauver l’Amazonie, ce qui est indispensable pour faire face au changement climatique.

L’assemblée mondiale pour l’Amazonie se tiendra virtuellement le samedi 18 juillet et le dimanche 19 juillet à 15 h 00 en Équateur, en Colombie et au Pérou, à 16 h 00 en Bolivie, au Chili, au Paraguay, en Guyane et au Venezuela et à 17 h 00 au Brésil, en Guyane française et au Suriname. Pendant ces deux jours, nous aurons une session de deux heures et demie avec traduction simultanée en espagnol, portugais, anglais et français.

Pour participer à ce processus et recevoir le lien Zoom correspondant, remplissez le formulaire suivant https://forms.gle/UbPArHEebwV9jxG99

La première Assemblée mondiale pour l’Amazonie sera également diffusée sur :

https://www.facebook.com/asambleamazonica/

https://www.youtube.com/channel/UC5uRVxQWBKbtyYZXj4_8Zkg

Pour plus d’informations et contact : asambleamazonica chez gmail.com

Une humanité saine qui a un avenir a besoin des forêts et des peuples amazoniens vivants

1er juillet 2020

Pour signer l’appel : https://forms.gle/QP4V7BE3cR8FWLt77