Belgique - Prochain arrêt : décolonisation !

2 juillet par Scandola Branquet , Cyril Wintjens


Mercredi matin au réveil, les usagers du réseau de transports de la Stib (Société de transports intercommunaux de Bruxelles) ont été bien surpris en découvrant certains abribus de la commune d’Ixelles entièrement recouverts d’affiches ! Pour quoi faire ? Pour dénoncer l’héritage colonial qui se perpétue à travers le nom et la signification des arrêts de transport en commun. Tout comme les statues de Léopold II, les arrêts de bus/tram font partie du paysage urbain et sont des lieux fréquentés par tout le monde : Abbaye, ULB, Legrand, Thys, … Ces 4 arrêts de bus/tram ne sont pas là par hasard : leurs noms et leur histoire sont intimement liés à celle de la colonisation belge au Congo.

Pourtant, chaque jour, ce sont des milliers de personnes qui passent par ces lieux pour attendre le prochain transport pendant plusieurs minutes, ou bien qui les utilisent comme repère pour se déplacer dans Bruxelles … À travers eux, c’est aussi une certaine vision de la ville qui est mise en avant, une manière d’organiser les déplacements quotidiens de milliers de personnes qui se rendent au travail le matin, et qui rentrent chez eux le soir, en passant d’un arrêt de bus à l’autre. Il faut savoir que c’est la Stib qui décide des noms d’arrêts, intimement liés aux noms des rues. Personne ne se pose la question : quelle histoire se cache derrière le choix de ces noms d’arrêts de bus ? De quoi la carte du réseau Stib est-elle le nom ?

Un groupe de militants décoloniaux se l’est néanmoins posée. Pour y répondre, ils ont recouvert les abribus d’Ixelles d’affiches et de posters qui dévoilent l’héritage colonial du choix de ces arrêts. Dans le contexte actuel où de nombreuses polémiques éclatent sur la manière d’aménager l’espace public, comme les débats sur le nom des rues ou le déboulonnages des statues, l’action de ce groupe nous a interpellés à POUR. C’est pourquoi nous avons voulu relayer et rendre leur travail visible.



Source : POUR